De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali
Le Front des forces socialistes a décidé de prendre part aux élections législatives parce qu'il y a urgence à se débarrasser «d'un régime violent qui a souillé la politique et les institutions de la République». C'est, en substance, ce que l'actuel SG du parti, Ali Laskri, a expliqué jeudi dernier lors d'un meeting électoral organisé à la Médiathèque d'Oran en appelant les Oranais à aller voter en masse le 10 mai. «Il faut mettre un terme à une situation qui désespère les jeunes et les pousse à quitter le pays ou à s'immoler par le feu. Le statu quo que nous vivons peut mener au chaos qui ouvrirait la voie aux ennemis extérieurs. Regardez ce qui s'est passé en Libye, ce qui se passe aujourd'hui au Mali et qui s'annonce peut-être au Niger. Le danger guette le pays !», a-t-il averti avec force. Dénonçant le verrouillage politique en vigueur depuis de très longues années, le SG du FFS a appelé à la participation de tous pour la réhabilitation de l'exercice politique : «Il faut un retour à l'Etat de droit qui permette à tout Algérien de pratiquer la politique en toute liberté» sans craindre les injustices et la hogra que subissent aujourd'hui de nombreux militants des Droits de l'Homme, des associations ou des organisations syndicales. «Il faut briser le mur de la peur !»¸ a-t-il lancé en paraphrasant le leader charismatique du FFS et l'un des tous derniers leaders de la Révolution, Hocine Aït Ahmed. Rassurant sur la fidélité à la stratégie et à la ligne politique de ce «parti pas comme les autres», Ali Laskri a réaffirmé le rejet du FFS de toute forme de violence et rappelé que l'interruption du processus électoral de 1991 «a été à l'origine de la flambée de violence meurtrière que le pays a connu pendant dix années» et de toutes les formes de violences que les Algériens vivent ou subissent aujourd'hui. «Nous sommes pour un changement pacifique, loin de la violence, quelle qu'elle soit», a-t-il encore ajouté. Sur le programme du FFS pour les législatives, Ali Laskri n'en a pas dit grand-chose, hormis que le parti plaide pour la séparation entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, l'indépendance de la Justice, la protection de l'environnement et le développement durable.Mais plus que le discours électoral, c'est sans doute la marche -qui a conduit la délégation du FFS de M'dina J'dida à la Médiathèque- qui marque le retour du FFS dans la société oranaise. Empruntant presque le même chemin qu'Abdallah Djaballah, il y a quelques jours, Ali Laskri a reçu un accueil nettement plus chaleureux que celui qui fut réservé au président du FJD. Rentrant dans les cafés et les commerces, le leader du Front des forces socialistes a pu nouer un début de dialogue avec des citoyens qui, s'ils ne connaissent pas Ali Laskri et ses accompagnateurs, ne sont pas restés indifférents à l'évocation du nom de Hocine Aït Ahmed. Ce qui, au-delà des résultats des élections législatives, constitue une opportunité pour le FFS de réinvestir un terrain trop longtemps abandonné et 'uvrer à la réhabilitation de l'exercice politique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com