L'on sait que Abdelaziz Belkhadem n'a que les apparences dupouvoir en sa qualité de chef du Gouvernement. Ce n'est pas lui faire injure derappeler cette réalité. Honnête il en a lui-même admis la véracité en sedésignant modestement comme un simple chargé de la coordination de l'exécutif.Qu'en est-il de son rôle dans l'autre fonction qui est sienne celle desecrétaire général du FLN le parti majoritaire du pays. Il est en tout cascertain que la question divise au sein de l'appareil et de la base du partilui-même. Elle est celle que toutes les frondes et contestations qui agitentrécurrement l'ex-parti unique mettent en avant pour se légitimer. En tant quesecrétaire général du FLN, Belkhadem est paradoxalement tantôt accusé de n'êtrequ'un paravent masquant le fait que le pouvoir de décision concernant lesaffaires du parti se situe ailleurs qu'en son siège central, tantôt aucontraire de monopoliser ce pouvoir, et d'en user arbitrairement. Lui-même faitdans l'ambiguité s'agissant de la nature de son autorité sur le FLN, il a ainsiavoué par exemple que les listes de candidature du FLN aux électionslégislatives ont fait l'objet d'une sélection finale autre que sienne et de ladirection exécutive du parti, pour soutenir ensuite la responsabilité sanspartage du secrétariat général dans la conduite des affaires du parti. Face auxcontestataires mécontents des choix opérés dans ces listes. Il n'est pasétonnant que ce soit ce même thème de controverse qui ressurgit à l'occasion del'opération de désignation des mouhafedh, poste stratégique s'il en est dansl'appareil du parti et à ce titre âprement convoité. Belkhadem est dans cetteaffaire, encore une fois la cible de tirs croisés. Celui dirigé contre lui parceux dont les noms ou ceux de leurs partisans figurent dans les listesinitiales des postulants à cette fonction d'autorité dans l'appareil du FLN. Cecamp reproche au secrétaire général, pour manque d'autorité dans la prise dedécision qui confirme selon eux qu'il n'est qu'un faire-valoir à la tête deleur formation. L'autre provient du groupe de mécontents dont les candidaturesou celle de leurs affidés ont été au départ refusées ou écartées en unepremière sélection. Ceux-là accusent Belkhadem d'arbitraire et de comportementdictatorial.Les alliances contre nature n'ont jamais rebuté au sein del'ex-parti unique. Il ne faut par conséquent pas s'étonner que les deux campsdécident de conjuguer leurs batteries pour donner du poids à la dissidenceanti-belkhadem. Cette fois, les deux courants de contestation, ont semble-t-iltrouvé échos au sein même du secrétariat exécutif, dont des membres jusque-làsatisfaits et solidaires de leur premier responsable lui découvrentsoudainement chacun selon son angle d'intérêt les défauts que lui attribue l'unou l'autre camp contestataire.Pour l'heure, les frondeurs en seraient à se dénombrer et às'assurer les indispensables feux verts à leur opération de destabilisation deBelkhadem. Celui-ci n'en est pas à son premier orage en sa qualité de «patron»du FLN. Mais peut-être celui qui lève aura raison de lui, parce que pour avoirmême dans les conditions rappelées en début d'article, été choisi à la tête dela primature, il est devenu pour beaucoup de cercles l'ennemi à abattre.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com