Changi Airport, Singapour, 18:30, heure locale. Le vol QF6 en provenance de Francfort vient à peine d'atterrir sur le sol de l'île, après un voyage harrassant de 12 heures et demie, le coeur au bord de la nausée en raison des perturbations durant le vol, des jambes engourdies, les yeux gorgés de sommeil... Les sourires chaleureux de la délégation du ministère des Affaires étrangères chargée de l'accueil vous font, toutefois, oublier tous ces petits bobos et même les huit heures de décalage horaire. Ou presque, car l'appel de la nicotine se fait pressant et les yeux recherchent furtivement un «espace fumeurs». Point d'espace fumeurs, sinon des pancartes indiquant l'interdiction ferme de fumer, sous peine d'une forte amende : «Smoking is prohibited by law» (fumer est interdit par la loi). Mais il y a quand même un espace fumeurs, à l'extérieur de l'aérogare : un grand cendrier en métal dans un coin, loin de l'entrée principale, faisant également office de poubelle, autour duquel s'appliquent une dizaine de fumeurs de type européen, haletants, consumant cigarette sur cigarette pour rattrapper leur dose, après un sevrage forcé. La porte coulissante de l'aérogare s'ouvre sur l'extérieur et nous «entrons» dans un véritable bain turc, chaud et humide à souhait. Mais cela ne semble pas déranger les accrocs de la nicotine. Quelques cigarettes plus tard, les mégots écrasés et les esprits plus clairs, une file se forme devant la station des taxis. Chacun attend son tour. Très patients et indulgents devant notre incartade «fumante», les membres de la délégation (de type chinois et malais) nous invitent à bord d'une voiture de service garée non loin de là dans le parking. Roulant à gauche, à l'anglaise, la voiture se déplace sur une route à sens unique et à plusieurs voies, bordée de verdure. Des arbres dont les cimes se rejoignent créent un écran protecteur. Plein de couleurs, surtout : des fleurs de toutes les formes et coloris, dont seule cette partie de l'Asie a le secret. Cependant, cet écran ne protège pas de l'humidité ambiante, très élevée d'ailleurs. Additionnée aux 32 degrés Celsius, température constante tout au long de la journée, vous vous retrouvez plongé en plein climat de forêt tropicale. Et il faut du temps pour s'y accoutumer, même si vous venez d'une ville côtière comme Oran. Et si, pour l'accoutrement, vous avez choisi le costume-cravate, vous faites le serment en votre for intérieur de voyager, désormais, plus léger.
UNE VILLE-ETAT
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Notre Envoyé Spécial A Singapour : Mustapha Mazari
Source : www.lequotidien-oran.com