
Sa boutique située en plein centre-ville se démarque par son design branché et ses couleurs à dominante orange fluo. Sid Ahmed Azzouni vend principalement des t-shirts imprimés qu'il confectionne lui-même.Il réalise ainsi un rêve d'adolescent, une affaire qui, contre vents et marées, a fini par payer. «Quand j'étais moi-même adolescent, comme beaucoup de mes amis, j'étais déjà frustré de ne pas pouvoir porter des t-shirts imprimés faute de moyens, car à ce moment la seule possibilité était de les acquérir à l'étranger, mais à quel prix !», explique celui qu'on surnomme encore jack Nicholson à cause de son front dégagé et sa coupe de cheveux tirés en arrière. «Je me suis alors mis, poursuit-il, à en fabriquer quelques-uns mais avec des moyens rudimentaires : un cadre, un peu de scotch et des bombes à encre».C'était dans les années 1990 et il reproduisait les logos des groupes de musique qui étaient en vogue à l'époque, tels que Nirvana ou d'autres icônes du rock introduites dans le milieu d'une certaine jeunesse. Mais ses seuls clients étaient les membres de sa famille ou quelques-uns de ses amis proches. En 2003, âgé d'à peine 23 ans, le jeune entrepreneur en herbe a décidé de prendre le taureau par les cornes et lancer son affaire de manière sérieuse.Il a postulé pour un crédit bancaire par le biais de l'Ansej qui a tout de suite répondu favorablement à sa requête, car l'Agence, submergée par des dossiers relatifs au secteur du transport, encourageait déjà les initiatives qui sortaient de l'ordinaire. La prospection a duré plus d'une année, mais il finit par trouver la machine et les équipements qui convenaient à ce qu'il voulait faire.Son laboratoire de sérigraphie a été importé des Etas-Unis et la procédure a été relativement rapide pour n'avoir duré qu'une année. Après une période d'adaptation, étant autodidacte, il a commencé à travailler dans un atelier qu'il avait aménagé, mais les commandes ne suivaient pas au rythme qu'il souhaitait, car son souci était d'abord de rembourser son crédit.Le marché n'était pas développé à Oran. «Heureusement, se rassure-t-il, qu'il y a eu la démocratisation d'Internet et le développement des réseaux sociaux qui ont beaucoup contribué à booster la demande, sinon j'aurais mis la clé sous le paillasson.» Ne voulant surtout pas baisser les bras face aux aléas du marché, il a alors, plutôt que de compter sur des intermédiaires, décidé d'ouvrir sa propre boutique.Aujourd'hui, ses clients sont en majorité des passants qui découvrent ses produits par hasard, notamment en cette période estivale caractérisée par la grande affluence et la présence des immigrés qui trouvent ici la même qualité qu'en Europe mais à un coût nettement plus avantageux, à peine 1500 DA la pièce.Pour environ 15 euros (change officiel) l'article au choix, la différence est de taille, notamment quand on sait que le travail est bien soigné et l'impression garantie à vie. «Question motifs, il y a un peu de tout, car nous avons constitué une importante base de données, mais en général nous suivons les tendances musicales, les séries télé qui ont du succès (Game of Thrones, Sons of Anarchy, etc.) ou alors carrément les films», explique-t-il. Les t-shirts sont acquis auprès des importateurs et proviennent autant de France, de Turquie et de Chine.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com