
Par Malika Boussouf[email protected]/* */Il est des jours comme ça où tandis que je m'interroge sur la qualité des restaurations qui s'opèrent ici et là et sur ce que les pouvoirs publics choisissent ou non de remettre en l'état, je renoue avec les images fugitives de ces immeubles du centre-ville d'Oran dont la magnifique architecture se laissait à peine deviner il y a quelques années de cela. Avec la peinture des façades qui s'écaillait, ils offraient une vision écœurante du laisser-aller et d'abandon.Un souvenir en suggérant un autre, je me souviens qu'au cours d'une mission à Naples, il y a quelques années, on m'avait fait traverser une rue piétonne dont les immeubles de part et d'autre étaient en réfection.A l'intérieur des bâtisses qui menaçaient ruine, tout avait été détruit puis reconstruit de façon ultra-moderne tandis qu'aucun signe extérieur n'avait été modifié.Tout avait été gardé en l'état pour l'histoire et le besoin de nourrir et d'abreuver la mémoire. Y compris les graffitis d'origine qui rappelleront à jamais et à toutes les générations montantes, intérieures comme extérieures, les exactions orchestrées, durant la Seconde Guerre mondiale, pour ne citer qu'elle, par les hommes du sinistre Mussolini, le «Duce del Fascismo».Sur les murs extérieurs, à hauteur d'homme, on remontait le temps et se familiarisait avec l'histoire lointaine et plus récente du pays. Et tandis que je déroule les images lointaines d'un fait qui m'avait alors longuement interpelée, je me demande pourquoi, chez nous, on pense que, pour avancer, il faut détruire.Effacer les traces d'une occupation étrangère, même lorsqu'elles disent notre histoire, et faire de la surenchère à l'égard de l'ancienne puissance coloniale devient violent à l'égard d'un vécu que l'on appauvrit à l'envi. En faire plus que l'on ne vous demande ou ne même pas attendre qu'on vous le demande, pour donner à l'acte inqualifiable l'image d'une expédition même pas dictée par un instinct prédateur mais empreinte de bravoure et que l'on devrait donc applaudir. Démagogie et populisme, reine et roi à bord, comment dénoncer sans passer pour l'ennemi d'une juste répartition du bien social '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M ”ˆB
Source : www.lesoirdalgerie.com