Le ministère des Finances et la chefferie du gouvernement ont réagi positivement quant au dossier du financement des entreprises et celui des entreprises en difficultés financières. C'est ce qui ressort des déclarations du ministre de la petite et moyenne Entreprise et de l'Artisanat, Mustapha Benbada, intervenant, hier, à l'occasion de l'ouverture d'une rencontre sur «la problématique du financement de la petite et moyenne Entreprise», organisée à l'initiative du fonds de garantie des crédits pour la PME-PMI, en collaboration avec le forum des chefs d'entreprises (FCE), à Oran.
M. Benbada a affirmé, dans ce cadre, que ce dossier a été déposé au niveau du conseil des ministres, il y a deux jours. «Je veux que ce dossier soit sérieusement pris en charge. Il y a une réelle nécessité pour que les pouvoirs publics se prononcent», a-t-il indiqué, ajoutant qu'«il y a une attente de la part des chefs d'entreprises. C'est un réel problème, un potentiel en péril d'autant qu'une centaine d'entreprises vivent une situation difficile et roulent sous le poids d'une dette qui n'est pas toujours objective. Ces financements ont été contractés dans des conditions anormales durant les années 90, alors que la machine bancaire n'a épargné personne».
M. Benbada a estimé que les dettes non honorées des secteurs public et privé s'élèvent à 790 milliards de DA. Un volume de 370 milliards de DA concerne le privé et dont une partie est à la charge des PME-PMI, estimant, toutefois, que le montant des dettes non recouvrables oscillerait entre 40 et 50 milliards de DA.
Et d'ajouter: «Il ne faut pas croire que ces financements sont spécifiques aux entreprises en difficulté. Dans ce contexte, il a été élaboré une «critériologie» pour rendre éligible à ce dispositif, les PME concernées, notamment celles qui ont eu un accident de parcours, au vu de la conjoncture qui ne dépendait pas, alors, de leur volonté. On va leur donner une chance pour reprendre leurs activités».
Sur un autre registre, le ministre a abordé les différents mesures et dispositifs de facilitation de financement et notamment le fonds de garantie qui, selon lui, n'a pas eu un écho favorable à cause des banques hésitantes. Pour remédier à cela et en collaboration avec l'Agence de la promotion et du développement et de la PME, une charte appelée «livre blanc» sera élaborée pour déterminer les droits et les devoirs de chacune des deux parties (banque/ PME). Le ministre a, par ailleurs, déploré que les banques ne jouent pas pleinement leur rôle. Les banques n'ont pas une capacité d'évaluation des risques dont une partie est prise en charge par l'Etat. «Les banques doivent avoir l'audace de prendre en charge l'autre partie des risques», a-t-il indiqué. Abordant les nouvelles procédures, le ministre a parlé de la mise en place de nouveaux instruments tel le fonds d'investissement pour la PME qui a été approuvé par le loi de finances 2008. «On travaille avec le ministère des Finances pour mettre en place cet outil, très rapidement». Il a également été question de proposer de financer les petites et moyennes entreprises, de la même manière que les micro-entreprises et d'inciter les banques à accepter le concept des crédits à long terme. Le ministre a, d'autre part, rappelé que le budget de fonctionnement de l'Etat est actuellement estimé à 3.000 milliards de dinars dont un tiers seulement représente les recettes fiscales hors hydrocarbures. «Il s'agit là d'un indicateur à prendre au sérieux pour l'économie de notre pays». Et d'ajouter que «notre pays n'est pas à l'abri d'une crise quelconque si les prix du pétrole sont appelés à baisser». Il a aussi rappelé que l'Etat a mobilisé de 2003 à 2007 un montant de 2.200 milliards de DA, sous forme de crédits octroyés au secteur dont 1.200 milliards de DA à la PME-PMI et le reste destiné à la restructuration du secteur public.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : J Boukraâ
Source : www.lequotidien-oran.com