Une zone de non droit !
La vie au niveau de la rue des Aurès (ex-La Bastille) est devenue impossible. Depuis la rue de l’Artillerie et jusqu’au Consulat d’Espagne, c’est carrément l’enfer, de jour comme de nuit, comme ne cessent de le décrier depuis des années les riverains de la partie basse.
Ces mêmes riverains ne cessent de demander aux services compétents une esquisse de solution pour évacuer d’urgence la voie publique.
«Il y a quelques semaines, c’est tout simplement une ambulance qui avait du mal à évacuer un malade», explique avec peine un locataire du numéro 40 de cette ruelle commerçante qui n’arrête pas de se plaindre du tapage nocturne. «C’est pire qu’Harlem. Nous vivons au quotidien dans l’enfer. Nous sommes agressés chez nous. Les entrées de nos immeubles sont bloquées presque toute la journée. De 7 heures du matin jusque tard dans la nuit, c’est le même charivari, les mêmes bruits, les mêmes désagréments. Les cages d’escaliers sont dans tout leur état. Non seulement les entrées des immeubles sont obstruées par les tables ou encore par les caisses, mais elles sont parfois squattées par des malabars qui font la pluie et le beau temps. De jour, comme de nuit. C’est fou ce que nous vivons comme problèmes au quotidien».
La coupe, pour cet habitant de la rue des Aurès, est pleine. Même les appartements, s’exclament d’autres, sont devenus des dépotoirs. «On a le sentiment d’avoir perdu le statut de locataires. Où est l’Etat pour assurer notre sécurité, celle de nos biens et de nos enfants?», s’interroge un autre habitant des lieux, un hypertendu qui n’arrive pas à comprendre la passivité du corps de la police de l’urbanisme et de la protection de l’environnement. Son voisin d’en face se veut plus disert. «Regardez par vous-même. Tout est surchargé. Bien entendu, il y a des commerces patentés, mais le reste? Comment expliquez que toute la chaussée est occupée. Je me demande comment, d’une simple ruelle, on s’acharne à faire un des plus grands marchés des fruits et légumes d’Oran. Avez-vous vu sortir une mariée de la rue de La Batille? Pis encore, on n’arrive pas à organiser des funérailles correctes tellement la chaussée ne nous appartient plus. Je me demande qui gère la voirie?» Une autre interrogation qui en dit long sur la gestion de ce marché.
Un marché où les commerçants ne sont autorisés à exercer leurs activités que la matinée, entendre par-là, les commerçants patentés, comme on le laisse entendre à l’APC d’Oran. Mieux, dit-on, la municipalité a mis à leur disposition trois dépôts pour leur permettre de stocker leurs produits, outre la mise à disposition à la PUPE un camion et des manutentionnaires comme gage de participation aux opérations de saisies.
Une manière comme une autre pour dire que la gestion du marché est bien réglementée. Reste la mise à exécution des lois et arrêtés. Mais, là où le bât blesse, se désole notre interlocuteur, c’est que le marché est gangrené par le commerce à la sauvette. Il faut préciser que ceux qui exercent l’après-midi ne sont pas autorisés par la municipalité.
D’évidence, la rue des Aurès est devenue un marché où tous les microbes du monde se vendent et s’achètent sous l’œil à moitié fermé des services concernés. «Il n’y a pas que la peste et le choléra des vendeurs de poissons. Il y a d’autres microbes encore plus dangereux. Allez voir le service des infectieux de l’hôpital d’Oran et vous serez édifiés. On vend le yaourt et les produits laitiers périmés, le chocolat et autres saletés qui échappent au contrôle, mais on écoule de l’alcool frelaté, des drogues douces et dures, notamment l’après-midi et même tard dans la soirée.
C’est pire que le quartier Saint Pierre», soutient un père de faille qui se demande où en est-on avec le fameux dossier du transfert du marché vers la place Hoche. Pourtant, l’APC d’Oran a inscrit sur ces tablettes depuis février 2004, la réhabilitation de ce marché, comme projet prioritaire. Un projet qui attend toujours la réponse de l’ONCV qui dispose dans le sous-sol de sa structure des caves non exploitées. En attendant, le marché de la rue des Aurès est devenu une zone de non droit !
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com