
Avec le chef de l'exécutif local, pas de traitement de faveur pour le public. Encore moins de système immunitaire. Des responsables de l'Entreprise nationale des grands ouvrages d'art (ENGOA) l'ont appris hier. Un d'entre eux à ses dépens. Se mettre contre vents et marées derrière le paravent du statut d'entreprise publique étatique s'est avéré une piètre ligne de défense. Hier samedi, l'incontournable ENGOA en matière d'ouvrage d'art a reçu de très mauvaises notes de la part du wali d'Oran dans l'exécution de deux projets. L'échangeur de Mers El-Kébir et le lot 7 de la 2ème Rocade (5ème périphérique). Dans le premier, la démonstration du mauvais travail a été faite sur pièce, in situ. Gros retard, cadence au ralenti, chantier mou et sous-équipé, très mauvaise qualité… Les griefs formulés par le wali à l'encontre de l'exécutant, l'ENGOA, se cumulaient au fil de l'ascension à pied de l'ouvrage en béton, qui aura à relier la RN2 à l'évitement en double voie débouchant sur la Corniche supérieure.D'entrée de jeu, connaissant ce chantier «casse-tête» dans ses moindres détails, le wali a signifié au directeur régional de l'ENGOA sa fin de mission dans ce projet. Pis, il a demandé à la directrice des Travaux publics, maître d'ouvrage, de transmettre au P-DG de l'ENGOA sa décision selon laquelle «si vous voulez qu'on continue à travailler ensemble, il faut changer immédiatement ce responsable local, que nous ne voulons plus voir sur nos projets». Le chef de projet, en dépit de tout le sérieux et la haute compétence que lui a témoignés sur place sa responsable hiérarchique, lui non plus ne s'en est pas sorti, puisque le wali, lui incombant une part de sa responsabilité, a exigé son départ du chantier. «Apprenez à être très exigeant. A demander un chef-d'œuvre, un ouvrage de carte postale. Pas besoin d'être ingénieur des ponts et chaussées ni de sortir de Saint Cyr pour constater que c'est du mauvais boulot ça. Doit-on démentir nos yeux et se fier aveuglement au PV du chef de service du développement des infrastructures de base qui nous dit que tout est si bien ici», a sèchement répliqué le wali, montrant du doigt le garde-corps posé, en guise d'élément témoin, sur une partie du pont. «Vous allez me dire aussi que ce dispositif mal aligné, dénivelé et très moche, c'est impeccable», a-t-il ajouté, en ordonnant d'enlever immédiatement cet élément. Le lot route, une petite liaison en pente de 1,9 km, qui servira de jonction entre cet échangeur et la voie autoroutière, elle aussi en cours de réalisation sur 5 km, pour boucler la boucle du futur évitement de Mers El-Kébir, était logé à la même enseigne. Le patron de l'entreprise, absent lors de la visite, devrait être destinataire via le maître d'ouvrage d'une correspondance énumérant un bon nombre de carences mises à l'index par le wali. L'ENGOA a vu, par ailleurs, la résiliation de son contrat de marché relatif au lot n°7 du projet du 5ème boulevard périphérique, consistant en un ouvrage d'art, dont les travaux n'ont même pas commencé, selon les instructions du wali. Des décisions qui, certes, sont de nature à redynamiser le chantier tout en bloc, mais qui ne «sauvent» pas malheureusement la saison estivale 2016 en termes de fluidité de trafic routier. En ce sens qu'on devra, pour cette année encore, faire l'impasse sur cette solution alternative - voire aussi définitive pour l'épineux problème de saturation de la corniche - et prendre son mal en patience, le temps que tout le tronçon RN2-CW44, via l'échangeur à hauteur de la base navale, soit fin prêt. D'ici là, on continuera inévitablement à faire dans le système D, avec à la clé le long et non moins coupe-souffle «CW44-CW45» comme détour et itinéraire dérivatif via l'intersection dite de «Coca».Devant être livré avant l'été 2014, soit un retard d'une année, cet échangeur aura à faire transiter le flux dans le sens Oran-Aïn El-Turck en contournant la ville de Mers El-Kébir, en l'orientant vers la deuxième tranche du mégaprojet de la nouvelle route de la Corniche oranaise, également en cours de travaux, et ce via un évitement montagneux qui serpentera dans le bassin versant de Mers El-Kébir et débouchera directement sur le lieudit Aïn Khedidja (intersection entre les CW44 et CW45 - Corniche supérieure -) tout en contournant le tissu urbain. Il est donc prévu une connexion entre la route nationale n°2 (RN2), communément appelée route des Tunnels ou la Corniche tout court, et la nouvelle Corniche via un point de jonction situé à hauteur de l'ancienne chapelle de cité Longchamp.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houari Saaïdia
Source : www.lequotidien-oran.com