
L'absence de perspectives sérieuses et le déclin de la rente pétrolière mettent le gouvernement au pied du mur. En fait, c'est le temps du « désenchantement » pour ceux qui ont tracé des « stratégies » derrière leurs bureaux, ignorant les réalités socioéconomiques du pays et en engageant, très souvent, des bureaux d'études étrangers, dont le seul souci est d'extirper toujours plus de dollars à l'Algérie.N'en déplaise à certains responsables qui tentent de nous vendre du vent, la situation économique du pays est au rouge. Le sursis ne va durer que trois années, estiment les experts. Cet « aveu » est même partagé par l'inamovible, Abdelmalek Sellal, en bon père de famille, qui affirme que la besace sera vide d'ici trois années. La légitime inquiétude des opérateurs économiques et de tous les Algériens ne semble pas émouvoir nos ministres qui continuent, contre toute logique économique, à rééditer les mêmes erreurs, depuis l'avènement de Bouteflika, qui a régné en décrétant des lois qui ne seront jamais appliquées ou qui sont transgressées systématiquement par les représentants de l'exécutif, à tous les niveaux de responsabilité. On ne peut pas reprocher certes au chef de l'Etat de vouloir redresser la barre en s'engageant dans des « réformes structurelles » pour remettre le pays sur la voie du développement au lendemain de son « intronisation » à la tête de ce pays qui venait de vivre une crise sécuritaire qui a failli tout emporter. Mais le bon sens aurait voulu que ce même chef de l'Etat, ou du moins les gens qui sont avec lui et qui décident en son nom, fassent leur bilan enfin. Et par-dessus tout, il faut absolument arrêter de voir tous ces Algériens qui ne partagent pas la vision du gouvernement comme des ennemis. Il n'y a aucune honte à se remettre en cause ou à corriger ses erreurs après 17 années de règne sans partage.Un ancien chef du gouvernement nous confiait, il y a quelques jours, que le gouvernement continue de naviguer à vue au lieu de s'engager résolument sur la voie des réformes sérieuses. « La loi de finances 2016 est pensée sur la base d'un prix du baril de pétrole à 37 dollars alors qu'il est descendu jusqu'à 28 dollars », nous dira l'ex-chef de l'exécutif qui prévient contre des dangers dont les conséquences seraient très graves aussi bien sur le plan économique que sur le plan sociétal. « Le modèle rentier est en train de s'effondrer partout à travers le monde », nous dira notre interlocuteur. En écoutant la sentence de l'ancien chef du gouvernement, l'on est en droit de s'interroger si l'Etat, le pouvoir ou le système algérien n'a pas tout fait pour qu'il ne soit pas économiquement occupé, afin qu'il ne puisse pas créer de richesse par lui-même, ce qui pourrait éroder le monopole de l'Etat sur la distribution des ressources de la rente. «Mieux vaut avoir en face de soi des chômeurs ou des travailleurs précaires dont on achètera le soutien contre un logement ou quelques avantages sociaux que de laisser se constituer une classe sociale créant de la richesse par elle-même et capable de s'autonomiser par rapport à l'Etat au point de commencer à lui demander des comptes et de contester son pouvoir», écrivait à ce sujet, il y a quelque temps, un professeur d'université. Donc, faute de stratégie claire, ou de « stratégie consensuelle », l'on est tenté également de croire que l'Etat rentier actuel (qui exerce un très fort contrôle sur les richesses) n'est pas près de changer. Les signaux lancés ici et là sur la volonté de passer à un autre cap seraient, encore une fois, de la poudre aux yeux. Le pouvoir est en fait en train de faire ce qu'il a toujours fait depuis l'indépendance, à savoir décréter par le haut ce qui ne sera jamais appliqué par le bas.L'entreprise de pérennisation du régime rentier continue même avec la moitié des recettes générées grâce aux hydrocarbures. Il reste à savoir pour combien de temps tiendra encore ce système qui est, non seulement dépassé, mais réédite, tel un automate, les mêmes bévues, les mêmes maladresses '
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zahir Mehdaoui
Source : www.lequotidien-oran.com