
Israël a décidé de poursuivre sa politique de colonisation des Territoires palestiniens, suscitant comme d'habitude des réactions de simple désapprobation et rien d'autre. L'ONU a pourtant décidé de rompre avec ses habituels rapports faisant état de faits pas aussi simples qu'on pourrait le penser et autres bilans. Cette fois, elle décide d'aller bien au-delà de ces rapports et faire la lecture à laquelle certains de montraient sourds. Son envoyé spécial au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a en quelque sorte mis les pieds dans le plat en interpellant vivement la communauté internationale.Aussi, dira-t-il à ce sujet, les agissements israéliens «semblent conforter une politique menée depuis des décennies qui a permis à plus d'un demi-million d'Israéliens de s'établir sur un territoire occupé militairement depuis 1967». Près de 600 000 colons israéliens vivent actuellement en Cisjordanie et à El Qods-Est. La question des colonies constituerait un casse-tête lors de négociations en vue d'un règlement définitif du conflit.Dans les faits, «aucune perspective de reprise des négociations (n'est) en vue», avait dit M. Mladenov. Pour l'ONG israélienne La Paix maintenant, le Premier ministre israélien essaierait même de «la tuer en construisant toujours plus dans les colonies». Cette dernière ainsi que d'autres organisations ont déjà donné une idée de l'ampleur de la colonisation en évaluant à au moins 100 logements construits quotidiennement sur ces trois dernières années.Impossible de plaider l'ignorance, car outre ces chiffres, Israël ne s'en est jamais caché, se permettant même de défier la communauté internationale en annonçant ses programmes de construction chaque fois qu'il est question de relancer un processus de paix que l'on sait tué par Tel-Aviv. Il vient ainsi d'approuver la construction de 463 logements dans des colonies de Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis près de 50 ans. Et comme s'il fallait davantage défier le monde, 179 logements déjà construits dans la colonie d'Ofarim ont été validés rétroactivement, selon La Paix maintenant, qui précise que les Israéliens «continuent à planifier et à faire avancer la planification, de manière générale c'est mauvais pour la solution à deux Etats et pour Israël», a-t-elle ajouté.La solution à deux Etats ? la création d'un Etat palestinien coexistant en paix avec Israël ? est la clé de voûte des grands projets internationaux de règlement du conflit israélo-palestinien, l'un des plus vieux au monde, tient-on souvent à rappeler, mais dont le règlement est au mieux perdu de vue, sinon contrarié par la position de la communauté internationale incapable d'appliquer ses propres résolutions.Car c'est bien de cela qu'il s'agit et c'est justement ce que demandent les Palestiniens. Devant le Conseil de sécurité, l'envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient s'était alarmé, lundi, de la «poussée» de la colonisation devant le Conseil de sécurité. Depuis le 1er juillet, Israël a fait avancer, selon lui, les projets de construction de plus de 1700 logements au total : plus de 700 en Cisjordanie occupée et plus d'un millier à El Qods-Est. Malheureusement, encore une fois sans le moindre écho, même si depuis maintenant quelques années, certains dirigeants disent craindre pour la sécurité internationale, ou encore appréhender fortement les conséquences d'une injustice aussi flagrante faite aux Palestiniens.Le plus évident est le désespoir. En ce sens, ne manque-t-on pas de relever, la question palestinienne a totalement disparu de l'agenda du Conseil de sécurité des Nations unies, puisque pas la moindre résolution n'a été adoptée sur son règlement depuis des décennies. C'est d'ailleurs, disent souvent certains analystes, le grand écart entre cette instance réellement exécutive, à même d'imposer la paix, et l'Assemblée générale. Une situation réellement dangereuse.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohammed Larbi
Source : www.elwatan.com