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Remuons 'la plume dans la plaie"



Remuons 'la plume dans la plaie
Oran, 27 mars 2010. Chakib Khelil effectuait une énième visite dans cette ville dans le cadre de la préparation de la manifestation GNL-16 qui allait se solder par un fiasco. Lors de l'inévitable point de presse qu'il comptait mettre à profit pour vanter 'l'intérêt de l'événement" et, ainsi justifier, notamment, l'enveloppe consacrée à la construction du fameux Centre des conventions, les journalistes ont surtout voulu l'entendre sur les scandales qui secouaient Sonatrach. Déjà. Réponse de M. Khelil : 'Vous faites vos propres supputations, vous êtes payés pour ça. Moi je suis payé pour appliquer une stratégie". Nos supputations se sont révélées justes et sa stratégie désastreuse. Mais passons.
Oran, 8 avril 2013. Le P-DG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, est à Oran. Conférence de presse. Au fameux Centre des conventions. Il parle des journées scientifiques et techniques de Sonatrach. Pas un mot sur la série de dossiers de corruption éclaboussant sa société.
Avant-hier, lundi 9 avril. Invité au Forum de Liberté, un chef de parti politique et néanmoins ministre en exercice accusait la presse de se substituer à la justice.
Aujourd'hui, Liberté publie un entretien exclusif avec le vice-président de SNC-Lavalin dont des responsables sont présumés impliqués dans l'affaire Sonatrach 2. Contrairement aux responsables algériens, Charles Chebl parle. Et, surtout, il n'accuse pas la presse d'inventer les affaires de corruption. Certes, il défend sa société et tente de préserver son image. Cela est de bonne guerre. Mais il ne nie pas l'existence de malversations dans lesquelles seraient trempés des dirigeants agissant au nom de SNC-Lavalin. Il confirme que SNC-Lavalin a confié des travaux, par sous-traitance, à des sociétés dans lesquelles Farid Bédjaoui était actionnaire.
En Algérie, des ministres et des P-DG s'en vont et d'autres arrivent, mais ceux qui partent et ceux qui les remplacent partagent ce penchant pavlovien pour le black-out. Moins tu parles, plus tu dures, on l'aura compris. Ils ont en commun, aussi, cette aversion maladive qu'ils nourrissent envers la presse qui, par vocation, tente de briser le huis clos. Par vocation, oui, car notre rôle 'est de porter la plume dans la plaie", écrivait Albert Londres. Il est vrai que, confrontés à l'absence totale de communication, voire au mépris des officiels, les journalistes algériens doivent, en plus, remuer leur plume. Dans la plaie, bien sûr.
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