
Les deux premiers Prix Abdelhamid-Benzine du journalisme ont été décernés, hier, à Riadh El-Feth, à Alger, respectivement à Saïd Mouas de L'écho d'Oran et à Ryma Maria Benyakous d'El Watan Week-end. Sur une quarantaine de candidats, les membres du jury de l'association des Amis de Benzine ont porté leur choix sur ces 2 journalistes, pour cette 7e édition ; le 1er prix étant attribué au confrère d'Oran pour son reportage "La gestion catastrophique du littoral oranais", publié en 2014, et le second à la cons?ur d'El Watan pour son reportage "Les mères célibataires", publié en 2015.Comme le soulignera le président de l'association, Belkacem Mostefaoui, le prix revient toujours aux lauréats dont les travaux reflètent les "idéaux" ayant marqué l'histoire de l'Algérie, les valeurs défendues par le regrettéAbdelhamid Benzine, ancien militant de la cause nationale, ex-journaliste et directeur d'Alger Républicain, notamment les idées d'"algérianité en devenir", les "valeurs sociales", le travail journalistique et surtout ses deux "genres les plus importants" : le reportage et l'enquête.L'intervenant, qui est professeur et directeur de recherche à l'Ecole nationale supérieure de journalisme, a également indiqué qu'à chaque commémoration de la disparition d'Abdelhamid Benzine (la 14e cette année), "nous nous interrogeons comment réagissent les consciences", en se demandant ce qu'est devenu le journalisme et "quel type de sens à donner pour que le journalisme naisse" et puisse "germer". M. Mostefaoui a passé en revue la situation du champ médiatique, rappelant que dans la période 1962-début des années 1990, l'Algérie a connu "le monopole d'Etat-FLN, qui n'avait aucun compte à rendre à la société", suivi dans les années 1990 par une certaine "ouverture", vite contrariée par le "honteux monopole d'Etat sur l'audiovisuel qui ne dit pas son nom", dans les années 2000, qu'il a qualifié d'"escroquerie".D'autres membres de l'association sont intervenus pour parler de la vie et de l'?uvre de Benzine, présenter un tour d'horizon du prix commémoratif décerné tous les 2 ans en alternance avec un colloque, faire le point sur les 6 séminaires organisés à ce jour et, enfin, revenir au dernier colloque de mars 2015, consacré à la "cartographie syndicale", après un quart de siècle de pluralisme.Ainsi, outre l'organisation de colloques biannuels et la remise, tous les deux ans, du prix Benzine, l'association fait aussi dans l'édition, se traduisant particulièrement par la publication des actes des colloques. Invité à apporter son témoignage sur son "expérience", le sociologue Nacer Djabi, qui a dirigé les travaux du colloque de 2015 sur le plan scientifique, a observé "une baisse d'intérêt" en termes de production et de recherche sur le mouvement syndical.Selon lui, l'ouvrage sur la cartographie syndicale en Algérie mis en vente hier, à Riadh El-Feth, est "important" car il porte le message suivant : "Il n'y a pas de société forte ni d'industrie forte, sans un mouvement syndical fort." L'autre moment fort de la rencontre a été la diffusion d'extraits du film "Le camp de l'enfer spécial" du cinéaste Nasredine Guenifi, dont le scénario est resté fidèle au livre du regretté Benzine sur son internement au camp de Lambèse, pendant la guerre de Libération nationale.Un film qui n'est pas encore sorti dans les salles et dont la musique a été composée par l'artiste Mourad Hammouche, qui faisait partie du groupe kabyle Inasliyen.Hafida Ameyar
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameyar Hafida
Source : www.liberte-algerie.com