Oran - Revue de Presse

Regard



Les archives d’Oran: le trésor oublié Demain, les archives de la wilaya d’Oran ferment pour congé annuel. Un mois de repos très mérité pour les employés de cette vénérable institution. Ils sont sérieux, dévoués, respectueux des chercheurs jeunes et moins jeunes qui viennent s’épuiser les yeux sur de vieux documents qui leur livrent tous les secrets qu’ils veulent, s’ils sont patients bien entendu. Construites sur plusieurs étages au- dessous du rez-de-chaussée que l’on voit par la façade sud du bâtiment, les archives de la wilaya d’Oran, sont les seules dans tout l’Ouest algérien à avoir gardé quelque valeur. Si dans les autres wilayas, il est arrivé à des ignares de brûler «tous ces papiers et ces livres qui ne servent à rien», à Oran, il y a eu des gens, anonymes pour la plupart, qui, contre vents et marées, ont réussi le gage de garder cette partie irremplaçable de la mémoire de ce pays souvent dans l’adversité. Depuis l’indépendance, on peut dire que les pouvoirs publics n’ont pas dépensé un kopeck pour sauvegarder le trésor des archives nationales: elles sont en papier, elles restent en papier. La seule parade possible contre les effets du temps est la numérisation. Zéro pointé de ce côté. Aucun moyen audiovisuel n’est mis à la disposition du public. Il n’y a même pas de photocopie, afin d’éviter, faut-il le dire, à de jeunes étudiants de copier des kilomètres de lignes au stylo dans leurs cahiers! Ce n’est pas sérieux. Mais que peut-on demander à la République? Qu’elle arrive au moins à préserver ce trésor. Il n’est pas rare de rencontrer dans la minuscule salle de consultation des chercheurs venus de l’étranger, s’émerveiller devant d’aussi rares journaux, livres et revues. Ils ramènent avec eux leurs propres moyens numériques car ils savent que le service n’offre rien dans ce sens. La wilaya d’Oran ne semble pas du tout s’inquiéter de ce qui se fabrique au troisième sous-sol. Les universitaires peuvent toujours attendre. Ils n’auront que des employés prévenants pour répondre à leurs doléances. C’est toujours ça de gagné.
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