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Quelles solutions pour les cancéreux ' Oran



Quelles solutions pour les cancéreux ' Oran
De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali

Dans la capitale de l'Ouest comme ailleurs en Algérie, la situation des cancéreux a atteint un seuil critique, non seulement à cause de la gravité de cette maladie mais aussi et surtout à cause de l'incapacité du système de santé algérien à les prendre en charge. «Le plan anti-cancer, même s'il existe, ne donnera ses fruits que dans 10 ou 15 ans», estime un médecin spécialiste du CHU d'Oran. «En attendant, les malades sont condamnés à subir le manque cruel de traitement par radiothérapie et chimiothérapie.» Et la pression qui s'exerce sur le CHU d'Oran est telle que les rendez-vous pour des séances de radiothérapie sont programmées jusqu'en 2015, ce qui est d'une rare aberration pour une maladie qui exige des soins d'urgence. «Il y a un sérieux problème de gestion et aujourd'hui, comme hier, nous n'arrivons pas à nous projeter dans l'avenir pour évaluer les besoins que la population de demain exprimera forcément», continue notre interlocuteur qui estime que la seule wilaya d'Oran a besoin d'un minimum de 5 à 6 centres de radiothérapie pour espérer prendre en charge, de manière correcte et conforme aux normes internationales, le nombre croissant des cancéreux. Selon les chiffres rendus publics par le CHU d'Oran pour l'année dernière, le service de radiothérapie a enregistré plus de 4 550 malades dont 614 nouveaux cancéreux, 1 220 malades pour des consultations de surveillance et 1 850 pour des contrôles, alors que le service de chimiothérapie a recensé plus de 12 250 jours d'hospitalisation et 27 963 consultations pour plus de 6 000 malades. Statistiques affolantes qui donnent la mesure des besoins exprimés par les malades, qu'en raison du manque de moyens et de la mauvaise gestion, les services hospitaliers n'arrivent pas à satisfaire. Illustration «extrême» de la légèreté criminelle avec laquelle le dossier de lutte contre le cancer est appréhendé : entre 2010 et 2011, 65 enfants sont morts de cancer à cause de la panne d'un des deux équipements de radiothérapie de l'EHS oncologie de Misserghine et de la carence en médication. D'où les manifestations de protestations que malades et personnels hospitaliers organisent régulièrement pour interpeller les pouvoirs publics sur cette situation intolérable. Et les revendications de prise en charge à l'étranger qui s'élèvent de plus en plus au milieu des malades désespérés de ne pas voir le bout du tunnel. Sur le plan national, à la veille de la journée mondiale de la lutte contre le cancer, en février dernier, les pouvoirs publics ont bien annoncé l'ouverture prochaine de quatre centres anti-cancer privés à Alger et Blida - en attendant le lancement de réalisation de six autres établissements du même type à travers le territoire national- le renforcement des centres existants déjà et l'acquisition de matériels spécialisés. Mais beaucoup appréhendent déjà les dépenses que les soins chez le privé impliqueront inévitablement et s'interrogent sur la nature des mesures que l'Etat va prendre pour les rendre supportables...
S. O. A.
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