De notre correspondant à Béjaïa,
Kamel Amghar
Il est formellement interdit d'introduire de la nourriture ou de la literie à l'intérieur des établissements publics de la santé à travers l'ensemble de la wilaya de Béjaïa. A l'heure de la visite, les agents de sécurité sont partout aux aguets. La consigne est strictement
appliquée depuis des années. Nous avons eu à vérifier cette réalité au niveau des dispensaires et des cliniques de la région. Dans les hôpitaux de Kherrata, Sidi Aïch, Amizour et au CHU Kellil- Amrane du chef-lieu de wilaya, les équipes de gardiennage sont intransigeantes sur cette question.
«Ce sont les ordres !», oppose-t-on, avec un sourire désolé, aux visiteurs qui tentent de contrevenir. Toutefois, les femmes voilées et les vieux lourdement accoutrés réussissent souvent à dissimuler une petite friandise ou une primeur du verger familial. Parmi le personnel hospitalier, on trouve aussi des complicités qui acceptent de faire passer de petits paquets.
Cette directive des autorités sanitaires, datant de fin 2006, est officiellement motivée par les risques guettant les patients qui doivent généralement se soumettre à une hygiène et une diététique conformes aux soins qui leur sont prodigués. «Pour une gastrite, par exemple, on doit éviter les plats épicés et les graisses. Mais les familles et les malades capricieux ne saisissent pas toujours la portée strictement médicale de ces restrictions», explique Rachid, médecin généraliste à l'EPH de Sidi Aïch, en rappelant qu'autrefois on apportait même du tabac aux malades. Le même grief est souligné concernant la literie. «Là encore, un asthmatique doit soigneusement désinfecter sa literie, ses vêtements et son linge de toilette. C'est primordial pour son bien-être et sa guérison éventuelle», ajoute notre interlocuteur qui, dans
l'absolu, défend le bien-fondé de cette décision. Les hôpitaux doivent cependant faire des efforts pour améliorer et personnaliser leurs prestations.
Le risque le plus appréhendé concerne cependant les produits agro-alimentaires truffés d'édulcorants et de conservateurs industriels. «Beaucoup de produits (yaourts, boissons gazeuses'), estampillés light pour appâter justement les malades, contiennent de fortes doses d'aspartame, un édulcorant industriel, qui s'avère finalement nocif pour la santé.
Des recherches récentes sur ce cas précis estiment que cet intrant expose les sujets vulnérables à des risques accrus de cancers, de naissances prématurées, de troubles cognitifs ou métaboliques (diabète notamment)», explique toujours notre source, en mettant le doigt sur le rôle des autorités de régulation à ce niveau. Ceci dit, au niveau des cliniques privées, on a relevé une relative tolérance concernant l'introduction de la nourriture et des boissons. Là aussi, la tutelle est censée généraliser ces types d'instructions qui sont parfois vitales pour les malades.
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Photo M Hacène
Source : www.latribune-online.com