Quel rôle doit jouer la direction des Affaires religieuses ?
A Oran, l’adage selon lequel les mauvaises habitudes, tout comme les mauvaises herbes, ont la vie dure, se vérifie chaque jour que Dieu fait.
En effet, ni son interdiction par les lois de la République, ni sa ferme réprobation par la société n’a réussi à éradiquer la mendicité, cette vile pratique que certains ont élevé au rang d’activité juteuse, prend de plus en plus d’ampleur et s’étend à des couches à l’abri du besoin mais qui, décidées à s’enrichir sans fournir le moindre effort, ont investi ce créneau. Plus grave et avilissant encore, pour se faire le plus possible d’argent, des familles entières n’hésitent plus à «travailler» en groupe pour mieux forcer les gens à porter la main à la poche. Pour y parvenir, des nourrissons, des bébés, des personnes impotentes et des gens valides occupent les accès des mosquées et harcèlent les croyants qui croient bien faire en leur faisant l’aumône. Hier vendredi, des dizaines de jeunes mères, accompagnées de leurs progénitures, assiégeaient la mosquée Omaïr ibnou Mossaâb de l’avenue Chakib Arslan à Choupot. Venant d’El-Hassi, de Nedjma, des différents quartiers périphériques et douars, les membres de ces familles, originaires des wilayas limitrophes et qui ont jeté leur dévolu sur la ville d’Oran, ont investi plusieurs créneaux. Les jours de semaine, c’est la collecte du pain rassis, la vente des galettes spécial maison, de sachets en plastique, de cigarettes, de couscous prétendument roulé à la main ou tout simplement la manche qui les occupent. Vendredi, à l’occasion de la prière collective prescrite par la sainte religion, ce sont les mosquées qui sont prises d’assaut mais en groupe. Selon des sources, pour ne pas avoir à se protéger le visage de crainte d’être reconnues, ces familles se déplacent loin de leur lieu de résidence. Des accords concluent entre ces familles et celles de ces quartiers auraient été conclus pour respecter le découpage et éviter les frictions. Au Amandiers par exemple, la plupart du temps, ce sont de jeunes femmes flanquées de leurs bambins qui s’agglutinent au seuil de la grande mosquée. Selon de nombreux citoyens que nous avons approchés, cette pratique avilissante est réprouvée par la société. Egalement interdite par les lois de la République, la mendicité, enfantine surtout, constitue une grave atteinte aux droits de l’enfant tels que consacrés par la Constitution et par la Déclaration universelle qui leur est consacrée. A Oran donc, ni les louables efforts de la direction de l’Action sociale qui met à la disposition des personnes en détresse le bout de paradis que sont Diar Errahma de Messerghin, ni les campagnes de lutte contre ce phénomène dégradant n’ont produit les effets escomptés. En effet, à chaque fois qu’il est fait état de mesures coercitives pour éradiquer cette pratique, c’est à une véritable invasion de nos rues et places que l’on assiste. Au fait, l’enrichissement sans cause et la mendicité, notamment enfantine, étant des actes prévus et réprimés par la loi, qu’attendent donc les pouvoirs publics pour les combattre? Les enfants poussés par leurs parents à faire la manche ne risquent-ils pas de tenir rigueur à la société et, le moment venu, se retourner contre elle ? La nadhara des affaires religieuses ne peut-elle instruire les imams pour les inciter à apporter leur propre contribution à la lutte contre ce fléau ? Il en va tout aussi bien de l’image de marque de la ville et du pays que de l’avenir de ces enfants que l’on exploite effrontément et qui, adultes, risquent de se venger du traitement qui leur est fait par la société.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com