
Le cinéma au Koweït est encore mineur, d'autant que la production télévisuelle est beaucoup plus développée que le 7e art, mais il existe parfois des exceptions et des tentatives pour construire une cinématographie au Koweït. Scénario en fait partie. Malgré le peu de moyens, le réalisateur a réussi à créer une 'uvre grand public qui croise les genres.L'art, de manière générale (cinéma, littérature, théâtre, peinture, etc.), est un monde de tous les possibles. Mais lorsque l'artiste/créateur ne parvient plus à distinguer entre la réalité et la fiction, les choses se compliquent. À tout moment, dans ce processus, la personne se retrouvant dans cette situation peut dire stop, mais elle ne le fait pas. Elle continue de plonger dans les tréfonds de l'âme humaine et d'explorer ses limites. C'est à peu près cela ce qui arrive à Faisal et les membres de son équipe dans Scénario de Tareq El Zamel, projeté avant-hier à la salle El-Maghreb d'Oran, dans le cadre du 7e Festival d'Oran du film arabe (Fofa). Faisal est un producteur et réalisateur de films koweïtien, qui se considère comme un pionnier du 7e art dans son pays, et qui ambitionne de créer une industrie cinématographique au Koweït. Mais, en attendant, il produit des films à petits budgets qu'il tourne avec ses amis. À chaque nouvelle production, il s'entoure de la même équipe, ce qui crée des liens et des affinités entre les différents protagonistes. Mais un jour, tout bascule. Un jour, ce monde que Faisal a construit s'effondre à cause d'un fâcheux accident. Un membre de l'équipe, une comédienne en proie à des problèmes personnels, perd la vie en plein tournage. Les protagonistes évacuent très vite l'idée d'appeler les secours et la police et réfléchissent à la manière d'étouffer l'affaire. Les choses se corsent, les individualités s'affirment, et les véritables visages des uns et des autres se révèlent enfin. Pour chacun, la seule issue est de sauver sa peau, et advienne que pourra. Ce premier niveau de narration croise une enquête policière, celle de deux policiers que tout oppose, et qui recherchent un dealer qui se fait appeler le Fantôme. Et comme dans tous les films d'action, on se quitte sur des sentiments positifs puisque le bien triomphe du mal, et nos intrépides enquêteurs pourront aller se reposer, pour revenir encore plus motivés. Scénario est un film grand public, plein de clichés, qui appartient au thriller d'action (sous genre de film d'action), avec une tension permanente. Tareq Al Zamel n'a pas été créatif dans son écriture ni dans sa mise en scène, nous offrant ainsi tout ce à quoi on s'attendait, mais on constate tout de même que même s'il a bénéficié de peu de moyens financiers, il a réussi à proposer quelque chose de «comestible» et consommable où l'on rit de bon c'ur. Cependant, le film est trop long, trop descriptif et trop prévisible, ce qui a causé un problème de rythme. En fait, dans Scénario, on s'attend à ce que ça décoiffe comme un morceau de rock n'roll, mais on finit à la fin par se contenter d'une ballade pop' rock.
S. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sara Kharfi
Source : www.liberte-algerie.com