Depuis environ
une dizaine de jours, les usagers de la RN 11, reliant Oran et Mostaganem, sont
obligés de prendre leur
mal en patience,
car les travaux relatifs à la pose des buses de canalisation du tracé du MAO
traversent la route nationale en question non loin de Sidi El-Bachir, entravant
fortement le trafic routier sur un long tronçon.
Une heure et plus
pour parcourir une petite distance.
Pare-choc contre
pare-choc, les éléments de la gendarmerie essayent tant bien que mal de
canaliser une circulation devenant impossible, surtout aux heures de pointe,
avec une file s'étendant sur un kilomètre et plus. Principal axe routier qui
dessert Oran, cette route nationale, avec un trafic évalué à 30.000
véhicules/jour, a montré ses limites, surtout lorsqu'un simple accident de la
route peut bloquer pendant des heures des usagers qui, du reste, se sont
habitués à ce genre de bouchon.
Pour éviter ce
ralentissement, beaucoup prennent d'autres chemins à perte ou à profit. A
partir d'Oran, nombreux sont ceux qui choisissent de transiter par Hassi
Bounif, Hassi Ben Okba pour déboucher sur la RN 11 à hauteur de la localité de
Gdyel ou dans l'autre sens quand ils veulent rallier Oran. Mais surprise, car à
Hassi Bounif, dans les deux sens, la circulation est devenue impossible ces
derniers temps, d'autant plus que la principale voie de circulation qui
traverse le tissu urbain est étroite et ne permet guère le contournement. Que
faire, sauf peut-être éviter l'axe principal en prenant à gauche à partir de la
zone industrielle de Hassi Ameur, traverser le quartier de Zouia, et ses
ruelles totalement «incarossables» et bifurquer sur le chemin communal qui
jouxte le cimetière pour déboucher sur la route menant droit vers Oran avec un
passage obligé par Sidi Chahmi et St Remy. Un trajet Béthioua-Oran en passant
par Gdyel et Hassi Bounif dure une heure et demie. Pour le retour, on peut
choisir l'axe Oran-Oued Tlélat et tourner à gauche pour déboucher sur la RN 11
à hauteur de la bretelle menant vers Arzew. Le tronçon de l'autoroute Est-Ouest
est impressionnant avec ses six voies. Cet axe même jusqu'à Zeghloul et Oued
Tlélat est à 20 minutes. Traverser ce bout d'autoroute est un réel plaisir de
conduite. Avec la comparaison de ce gigantisme à moitié achevé et la route de
Hassi Bounif fait figure de réel contraste entre une Algérie qui se veut
moderne sans pour autant se départager de son archaïsme. En fait, emprunter la
route menant vers Arzew à partir d'Oued Tlélat laisse supposer que le temps
s'est figé depuis longtemps. A droite, le lac Oum Ghlesn, que les riverains
appellent daya, semble avoir reconquis son charme d'antan. Un pan d'eau
s'étendant sur plusieurs hectares avec canards et nature luxuriante sur les
abords a toujours fait le bonheur des amoureux de la nature. Mais ceux qui
habitent aux alentours disent que ce lac, jadis lieu de villégiature, est
devenu un vrai réceptacle des eaux usées des agglomérations avoisinantes, à tel
point que le poisson a totalement disparu. Continuant le chemin sur une petite
colline à gauche, la bourgade de Moulaya Isamel (la forêt) un haut lieu
d'histoire un peu méconnue, puisqu'on dit que l'Emir Abdelkader avec ses 2.000
cavaliers qui sont venus au sud-ouest se sont installés à cet endroit et la
première fabrique d'armes fut créée en 1832 à cet endroit. Plus loin, El-Gotni,
une bourgade oubliée par le temps et par les hommes, même si, il y a quelques
années, la Banque mondiale a consenti à dégager un fonds pour que les habitants
puissent reconstruire leurs demeures, mais le manque de titres de propriété a
renvoyé le projet aux calendes grecques. De là, jusqu'à Boufatis, il n'y a pas
de lignes de transport, sauf les clandestins qui essayent tant bien que mal de
remplir ce vide, car aucun transporteur, faute de rentabilité, ne veut prendre
cette ligne. Slatna est également une minuscule bourgade qui n'est sortie de
son anonymat qu'à cause du dernier tremblement de terre qui a secoué bien de
maisonnettes de la localité de Boufatis ou lorsque la rubrique des faits divers
rapporte un vol de cheptel. Continuant le trajet, à droite Menatsia, la
plâtrière de Benfréha visible de loin, ses poussières et les camions qui
viennent se faire livrer violent le temps d'un passage la quiétude de cimetière
qui y règne. On dit que depuis quelque temps, les cheminées ne lâchent plus
cette cendre qui couvrait d'une pellicule blanche toutes les terres
environnantes jusqu'à les avoir rendues stériles. A gauche, le lac Telamine,
une merveille sauvage de la nature mais là aussi, les vidangeurs de toutes les
localités environnantes viennent se décharger de leurs eaux usées et aux
alentours des terres verdoyantes qui n'attendent que d'être ensemencées pour
donner la plus belle des moissons. Un peu plus loin, El-Ayayda qu'on ne peut
deviner la présence que grâce à une plaque et puis soudain, un morceau de
civilisation avec une usine d'électronique et enfin, quelques centaines de
mètres plus loin, la RN 11. Voilà un grand détour qui aura au moins permis de
découvrir un arrière-pays resté en jachère pourtant situé à quelques kilomètres
des torches de la zone industrielle d'Arzew. Pour le retour du surlendemain,
faites le choix de Gdyel-Kristel en passant par Aïn Franine, là aussi on peut
découvrir d'insoupçonnés chemins qui mènent tous vers Oran.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : T Lakhal
Source : www.lequotidien-oran.com