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Pas de parti pour Mezrag



Pas de parti pour Mezrag
Emboîtant le pas à son ministre de l'Intérieur, Sellal a été clair, hier, en affirmant que Madani Mezrag, l'ancien émir national de l'AIS, «ne peut créer un parti politique». Une déclaration qui aura le mérite de clarifier une situation où une simple volonté exprimée a pris des proportions insoupçonnables. Le Premier ministre s'appuie sur la loi, comme l'a fait précédemment Bedoui, pour répondre et rassurer une partie de l'opinion publique en déclarant notamment qu'«il n'y aura aucun retour en arrière» à propos de l'annonce faite par Mezrag de créer un parti politique.Dans cette affaire, le gouvernement s'appuie exclusivement sur les articles de la charte pour la paix et la réconciliation qui leur évite toute explication maladroite en direction des parties en jeu. Le gouvernement semble dire que la non-délivrance d'un agrément pour un parti politique des anciens du FIS et de son aile armée n'est pas de leur responsabilité mais incombe à la loi. Une belle manière de se défausser alors que le pouvoir s'est mis lui-même dans le pétrin en réhabilitant politiquement le parti dissous et sa branche armée lorsque Sahnouni, l'un des historiques du FIS, et Mezrag ont été reçus par le ministre d'Etat, directeur de cabinet à la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, dans le cadre des consultations sur le projet de la révision de la Constitution.Même si la Présidence avait voulu tenir secret la rencontre, c'est El Hachemi Sahnouni, invité en tant que «personnalité nationale», qui l'a lui-même révélé. Et c'est de là qu'est née apparemment la décision de créer ce nouveau parti. En effet, dans le sillage de cette entrevue avec l'ancien chef du gouvernement, Madani Mezrag avait évoqué un nouveau Front dans le sillage de la nouvelle Constitution. «Notre décision de dialoguer avec le pouvoir est souveraine et vous allez voir que le Front qui sera créé après la Constitution ne sera pas le FIS d'aujourd'hui», avait-il alors expliqué. Le lien a été vite fait sur un probable retour des anciens du FIS sur la scène politique non plus sous la bannière du parti dissous, mais sous une autre appellation. Une déclaration qui, rappelons-le, avait fait le buzz et poussé déjà Sellal à réagir en déclarant officiellement exclure un quelconque retour de l'ex-FIS aux affaires.Malgré les précautions prises par l'Etat lors de ces rencontres d'Ouyahia, en invitant les anciennes figures de proue de la formation islamiste à venir sous l'étiquette de «personnalités nationales», pour justement éviter de réhabiliter le FIS, le mal était déjà fait. Rappelons qu'Abdelkader Boukhamkham, un autre historique du parti, avait décliné l'invitation à El Mouradia, s'étonnant de se voir invité sous une autre étiquette que celle de «dirigeant et membre fondateur du Front islamique du salut». Alors que nous apprend cet épisode de parti voulu par Mezrag ' La scène politique et l'opinion publique ont une mauvaise mémoire, pour ne pas dire sélective et qu'à force de prêter le flanc, l'Etat se retrouvera tôt ou tard à gérer des situations explosives.


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