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Faire le changement par le haut ou par le bas '



Faire le changement par le haut ou par le bas '
A contrario du pouvoir qui considère que la crise que subit le pays n'est que d'essence financière et économique, l'opposition affirme, elle, et en cela unanime qu'elle est aussi politique et que ce n'est qu'en résolvant en priorité cet aspect qu'il sera possible d'envisager les solutions d'ordre économique et financier à mettre en ?uvre pour sortir l'Algérie de sa crise.C'est en partant de cet ordre de priorité que l'opposition s'est fixé des agendas qui guident son action et son rapport au pouvoir. Des et non pas un agenda car si l'opposition est absolument à l'unisson s'agissant de la nature multidimensionnelle de la crise et sur la nécessité qu'il faut d'abord régler la question politique qui est posée à travers elle, il y a divergence en son sein, et c'est un euphémisme, sur la réponse à celle-ci. Celle de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) consiste en la mise en place d'une transition négociée dont elle a développé dans sa plateforme adoptée à Mazafran en 2014 les contours et les objectifs à réaliser. Bien que solidaire avec ce pôle de l'opposition dans la revendication du changement politique, celui qui s'est constitué autour d'Ali Benflis et du parti des «avant-gardes pour les libertés» qu'il a fondé réclame lui d'aller à des élections anticipées dont il faudrait bien entendu que la transparence et la régularité soient garanties par la mise en place d'une commission électorale nationale absolument indépendante du pouvoir et de son administration.Le Parti des travailleurs qui se dit ancré dans l'opposition mais agissant en dehors des deux pôles qui se sont constitués dans celle-ci est lui aussi partisan de la solution électoraliste prônée par l'ancien chef du gouvernement et les partis qui se sont rassemblés autour de lui. Quant au FFS, sa position consiste à plaider pour la reconstruction du consensus national qu'il estime possible si tous les acteurs agissants sur la scène nationale s'assoient autour de la table de négociation sans préalables ni exclusive à l'encontre de quiconque.Sans porter de jugement sur ce que les uns et les autres avancent comme propositions pour ce qui est de l'aspect politique de la crise, l'on peut néanmoins avancer que leurs tenants s'opposent en fait fondamentalement sur la démarche à suivre qui conduirait au changement politique dont le pays a besoin et est dans son attente. Il est clair que les partisans de la voie électoraliste sous condition de démocratie et de respect de l'expression populaire sont guidés par la conviction que le changement auquel ils veulent contribuer doit être impulsé par le bas, c'est-à-dire par la société algérienne et les électeurs ayant reconquis leurs droits citoyens. Celles prônées par la CNLTD et le FFS apparaissent pour favorables à un changement à opérer par le haut à travers une entente entre le pouvoir et les appareils partisans censés être les porte-paroles qualifiés des doléances et attentes des citoyens du pays.Ce qui peut donc apparaître comme une cacophonie dans les rangs de l'opposition est en fait révélateur d'une incompatibilité entre deux visions sur ce que cette opposition doit entreprendre pour espérer être reconnue en tant qu'acteur susceptible d'offrir l'alternative en laquelle les Algériens auront foi et pour laquelle ils s'engageront.


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