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Parution : Karim Bennacef publie un livre sur le journalisme en Algérie



Le journaliste Karim Bennacef vient de signer un ouvrage, édité en France aux éditions Edilivre, sur la pratique du journalisme en Algérie. Cet ouvrage, écrit à fleur de peau, est avant tout un superbe geste d'amour envers le journalisme. De l'amour pour le journalisme, mais une colère pour dénoncer des pratiques qui scandalisent ce métier. Intitulé De la presse indigène à la presse indigeste.De la kalachnikov à la plume, ce livre met au jour une sorte de «complot» monté sans vergogne par des gens qui n'ont rien à avoir avec ce noble métier. «Le temps donna mille fois raison aux journalistes qui ont fui ce métier. L'avènement de la presse indépendante en Algérie posait le tapis rouge à la cinquième colonne des affairistes qui entamaient désormais leur marche, en ordre discipliné, sur les cadavres encore chauds d'une corporation toute vierge. Une arnaque nationale», écrit l'auteur.
Karim Benacef livre des témoignages sur sa longue carrière : il raconte, par exemple, quand au gré d'un hasard, il a fait ses premiers pas dans le journalisme en étant recruté, en septembre 1999, dans un quotidien régional basé à Oran. «J'avais été pris d'une sensation étrange, mêlée à du bonheur.
Près de vingt ans plus tard, ce bonheur est encore là, mais tiédi, altéré par la désillusion». Comme dans un miroir grossissant, le journalisme malsain se révèle sans fard : la célébration du vide, le mépris des règles déontologiques du métier, la soumission aux pouvoirs, la quête du profit et l'information prémâchée comme seul horizon. Tels sont les effets pervers de la pratique journalistique que dénonce l'auteur.
Un récit incisif et pertinent qui démonte, pièce après pièce, les rouages d'une machine médiatique sans âme. On revit le drame de la profession avec l'évocation d'une nuée d'anecdotes qui témoignent des heures noires de la profession. L'auteur est éc?uré par tant d'incompétence. Le récit excelle dans la critique du journalisme tel qu'il est pratiqué en Algérie. Les témoignages sont là en qualité de messagers de la réalité, c'est-à-dire de ce qui se passe et de ce qui s'est passé, et cela relève bien de l'exacte vérité des faits relatés. L'inépuisable débat sur l'objectivité du journalisme est-il donc vain '
L'auteur préfère parler plutôt d'«honnêteté et de sincérité». Reprenant des chiffres de l'actuel ministre de la Communication, l'auteur rappelle qu'«entre 2014 et 2017, pas moins de 26 quotidiens et 34 hebdomadaires ont disparu». «Le fond est touché», déplore-t-il.
Face à cette situation fort déplorable, l'auteur tente de faire son deuil malgré tout, et d'une manière qui, une fois encore, va étonner le lecteur, et réussir en même temps à se remettre en selle, à reprendre «le métro de la vie médiatique malgré tout», c'est la leçon finale, sublime, délivrée au terme de ce récit tout à fait sincère. «Peut être qu'un jour les historiens se pencheront sur cette partie de l'histoire de la presse indépendante en Algérie, au demeurant mystérieuse, pour en expliquer ses paradoxes», plaide l'auteur.
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