Ils voient dans la régression un moyen de survivre. De se maintenir à la tête d'une communauté sensible à leur baratin. Ils, ce sont ceux qui dressent des potences à quiconque emprunterait la fameuse passerelle qui mènerait, selon le bourrage de crâne dans lequel excellent les tueurs d'espoir, droit à un paradis prometteur de jouissances qui n'auraient pas d'équivalent ici-bas. À tout érudit qui projetterait d'éclairer un monde en panne d'intelligence et qui, en s'y risquant, s'exposerait au pire. Ce qui est vendu comme relevant du sacré ne doit en aucun cas être discuté. Voilà pourquoi si l'on est incapable d'en saisir les subtilités, autant ne pas permettre à d'autres de s'y essayer.De révéler, au grand jour, une tare comme l'ignorance qu'alimentent les mensonges qui vont à grands renforts. Celle qui aide à confisquer aux mots leur indépendance. Les charlatans sont assurés de l'opportunité qu'ils ont de convaincre. L'abandon du terrain leur a fait prendre conscience de l'aisance avec laquelle ils peuvent exploiter l'indigence mentale à des fins de pouvoir.
En manipulant ceux qui s'accrochent à l'irrationnel pour ne pas trop réfléchir à ce qui s'y oppose. En agitant le spectre d'une punition réservée à ceux qui s'interrogent et expliquent en quoi le doute est permis ! Jouer les épouvantails pour faire barrage à la réflexion et éloigner de la place ceux qui la portent pour empêcher que tout s'écroule. C'est, hélas, le constat que l'on fait à tous les niveaux. Sauf que, ceux qui résistent à l'effondrement qui va de l'avant, sont, heureusement, là pour assurer qu'ils ne céderont pas d'un pouce aux fossoyeurs de la liberté de penser et d'agir en harmonie avec cette dernière. Parce que le prêche est à la portée de tous, on lui prête, plus volontiers, l'attention qu'il requiert et trop souvent plus d'attention qu'il ne mérite. Du premier comme du dernier abruti. Pour officier derrière un minbar ou assis par terre, avec pour auditeurs déjà conquis un parterre d'innocents qui gobe à l'envi, il n'est pas indispensable de faire de hautes études. Quand on se prend l'ignorance pour partenaire, on sait qui on compte dans ses rangs.
M. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Malika Boussouf
Source : www.lesoirdalgerie.com