Des bonbonnes de gaz sur les toits pour empêcher la démolition
L’opération dite des «Planteurs» et relative à la démolition des habitations vétustes a failli tourner au cauchemar pour les pouvoirs publics locaux.
En effet, dès que l’ordre a été donné pour commencer la démolition des premières maisons évacuées, des jeunes de l’îlot 4 de la zone 12, qui refusent de quitter leurs demeures, se mettent sur les toits, pierres et bonbonnes de gaz en renfort. Ils menacent tout bêtement de tout faire exploser si les engins s’approchent dans les abords immédiats de leurs habitations. L’opération de démolition est alors interrompue aux environs de 11h 30, soit tout juste après son déclenchement. En fait, cette opération de démolition n’aura touché qu’une seule habitation. Les jeunes qui ont stoppé la démolition sont des membres des familles qui se déclarent lésées, des familles composées, pour l’essentiel, de dizaines de membres et à qui il a été affecté des F2 et des F3. Il s’agit notamment de familles se déclarant propriétaires et qui n’ont pas bénéficié de l’indemnisation liée à l’expropriation. «Je suis propriétaire d’un Haouch de 5 pièces, mes deux garçons sont mariés et ont, eux aussi, procréé. On me demande maintenant de quitter la maison que j’ai héritée de mes parents et où je suis moi-même né, pour aller habiter dans un F3. Il n’est pas question que je sorte de chez moi. Je ferais tout exploser avant que les démolisseurs n’atteignent ma maison», déclare, fortement ému, ce père de famille ou plutôt ce grand père.
Son cas et sa ferme décision d’aller jusqu’au bout suscitent la sympathie voire le partage, par des dizaines d’autres chefs de familles au niveau de ce site et ailleurs à travers les Planteurs, d’une pareille détermination d’en découdre avec les autorités.
D’autres contestataires diront que «les services de la daïra ne doivent pas prendre en considération le recensement de l’URSA qui a eu lieu en 2003. Il y a des jeunes qui se sont mariés depuis et qui sont devenus, à leur tour, des pères de familles. Ils ne peuvent donc pas partager le F2 ou le F3 avec le père, la mère, les frères et sœurs souvent très nombreux.».
D’autres affirment que ceux qui ont profité du programme de recasement sont les locataires et non pas les propriétaires. Ils diront, ce sont encore une fois les nouveaux débarqués, originaires de wilayas limitrophes, qui profitent des logements destinés aux Oranais. Répondant aux représentants des citoyens, le chef de daïra a déclaré que les représentants du service des Domaines sont sur place pour recenser les propriétaires qui devront présenter des actes de propriété. Il dira que la procédure légale suivra son cours, ces familles seront indemnisées après expertise de leurs biens. Quant aux familles nombreuses, il dira que c’est là d’un programme de recasement et non pas d’un programme social. Toutefois, il a promis de prendre en considération leurs demandes lors des prochaines attributions de logements sociaux, notamment, et d’étudier la possibilité de les insérer à travers les programmes LSP existants. Ces assurances n’apaisent pas pour autant les esprits. Ces citoyens ont acquis la ferme conviction que ces promesses n’ont pas de lendemains et ne militent que dans un seul but celui de les pousser à quitter leurs maisons sans grabuges.
Par ailleurs, et alors que l’opération de relogement a été interrompue au niveau de la zone 12, elle se poursuivait dans les autres zones, hier en début d’après-midi. Ce sont, en effet, une centaine de familles qui ont rejoint leurs logements à Haï El Yasmine.
L’OPGI a ouvert sur site des bureaux pour que ces familles s’acquittent du droit d’accès aux logements. La première tranche de cette opération de recasement, comptant 790 logements, se poursuivra aujourd’hui. L’on apprendra, également, que l’opération de démolition est aussi prévue pour aujourd’hui, d’autant plus que les jeunes proférant des menaces ont été «maîtrisés» par les forces de l’ordre.
A noter, enfin, que la première phase de recasement des familles du quartier des Planteurs a commencé tôt dans la matinée d’hier et qu’elle se déroule simultanément dans douze zones différentes. A savoir également que le site à évacuer, a été réparti en douze zones. Chaque zone comprenant plusieurs îlots.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com