Il existe une « demande interne » de
Maghreb que les pouvoirs politiques en place refusent de satisfaire tout en
proclamant une foi maghrébine à toute épreuve. Peu importe qu'à l'occasion d'un
match de football on ait découvert que
miraculeusement l'idée du Maghreb reste populaire et résiste à toutes les
avanies. Mais une idée populaire, n'est pas une idée victorieuse. Elle peut
continuer à vivoter en silence comme le font les sociétés maghrébines en
cultivant secrètement l'idée qu'un jour finira bien par venir où l'idée,
toujours jeune, finira pas éclore et donner des fruits. Moins mal lotis que
leurs sociétés, les entrepreneurs, eux, pensent qu'aujourd'hui, c'est beaucoup
mieux que demain. Et ils le disent en tournant prudemment leurs mots, histoire
de ne pas froisser les gouvernements en place. Ces entrepreneurs, quand ils se
rencontrent, entre eux, égrènent avec amertume les chiffres de l'absurde. Mais
point d'esclandre. La classe des entrepreneurs, indépendante et pouvant dire
ouvertement ce qu'elle pense, n'est pas encore née. Reste, la demande « externe
» du Maghreb, venant des Européens et des Américains. Elle s'exprime en calculant
ses effets. Mais elle ne craint pas vraiment les gouvernements en place. La
raison commande que ces gouvernements saisissent, enfin, qu'ils gagnent
davantage à être ceux qui ont fait le Maghreb au lieu d'être ceux qui
l'entravent. Car, même si l'impatience des Boss est commandée par l'intérêt
immédiat, l'idée du Maghreb reste un horizon incontournable. Les Etats n'ont
pas besoin d'attendre que la demande externe fasse jonction avec la demande
interne. Quand cela arrivera, c'est qu'on aura définitivement raté
l'opportunité d'agir pendant qu'il était encore temps. Le Mal du Maghreb n'est
pas que chez les Boss.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salim Rabia
Source : www.lequotidien-oran.com