Oran - Revue de Presse

L'expansion des banques étrangères en Algérie «agace»



L'augmentation du capital réglementaire imposée aux banques privées en Algérie, 15 et toutes étrangères, a eu comme conséquence - non désirée par les autorités - de les rendre plus offensives sur le marché. Le gouvernement réfléchit déjà à comment contenir leur expansion programmée.

Les banques privées algériennes assurent 2/3 des nouvelles agences inaugurées chaque année en Algérie, près d'une centaine par an en moyenne. Cette proportion pourrait même grandir en 2011 avec le rythme d'expansion des banques privées. BNP Paribas et Société Générale, les deux locomotives françaises du secteur prévoient d'ouvrir dix agences par an et proposent déjà un réseau de 70 agences opérationnelles. Les banques arabes se déploient également à grande allure avec notamment AGB, (Algerian Gulf Bank), qui a ouvert sa 21e agence et prévoit d'atteindre le chiffre de 30 agences avant la fin de l'année. Dans le haut de gamme, HSBC, opérationnelle depuis un peu plus d'un an en Algérie, prévoit d'ouvrir 12 agences, après avoir inauguré une enseigne à Oran le mois dernier. A la source de l'accélération du déploiement des banques privées, la nécessité pour elles d'élever leur chiffre d'affaires après que la loi leur ait imposé de faire passer leur capital social de 3 à 10 milliards de dinars à la fin 2009. Les 15 banques privées étrangères agréées se sont conformes à cette exigence et ont dans le même temps mis en route un plan de croissance de leurs engagements et de leur capacité à capter l'épargne domestique. Les autorités de la Banque d'Algérie sont conscientes de cette évolution. «La part de marché des banques privées étrangères pourrait bondir à 30% dans les deux ou trois ans à venir» affirme un directeur crédit dans une banque publique. C'est sans doute aussi pour cela que les agréments de la Banque d'Algérie pour l'ouverture de nouvelles agences se font beaucoup attendre, parfois presque une année après la visite du site de l'agence.  

La concurrence va arriver au marché financier

Mais le déploiement du privé dans le secteur bancaire concerne également le marché financier. L'engagement de HSBC et de BNP Paribas aux côtés de Maghreb Leasing Algérie (MLA), une filiale du groupe Tunisie Leasing et d'Amen Bank, afin qu'il procède à une augmentation de capital, annonce un décollage du portefeuille d'opérations de ce type au sein des banques privées. Là également, les autorités se soucient de ce que les besoins de capitalisations des grandes entreprises algériennes ne se transforment pas en un «avantage stratégique» pour les institutions financières étrangères. «Le problème est complexe. Le gouvernement oblige par exemple les assurances privées algériens à augmenter leur capital social, mais n'aide pas à provoquer des apports en fonds propres «algériens». Il est normal que les compagnies d'assurance regardent aussi vers les fonds d'investissement étrangers» explique un patron privé algérien. Une évolution que voudrait absolument contrarier les autorités du secteur. Il a été clairement signifié aux responsables des compagnies privées algériennes en quête d'augmenter leur capital à 2 milliards de dinars, que l'entrée de fonds d'investissements étrangers dans leur capital n'était «pas du tout souhaitable». Les compagnies d'assurance sont invitées prestement d'aller lever les fonds manquants à la Bourse d'Alger. Une ouverture de capital sans doute privilégiée pour les investisseurs institutionnels. L'idée est de donner aux banques publiques, en surliquidité, la possibilité de nouveaux types d'engagement en apportant des fonds à des entreprises privées algériennes munies du visa Cosob. Mais là aussi la concurrence avec les banques privées peut être défavorable. Les banques publiques ne sont pas dotées de filiales «banque investissement». Et surtout ne sont pas libres de choisir le bon investissement sur la base des critères de rentabilité.


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