Les mêmes voix qui étaient contre le remboursement de la dette publique algérienne en 2006 ont, en 2008, suggéré à l'Algérie d'entrer dans le capital des grandes banques internationales. Aujourd'hui, elles sont contre la règle du 49/51%. Quel crédit leur accorder'...
Sans être un économiste chevronné, ni un expert médiatiquement encensé, les motifs d'une telle disposition sont à la portée du commun des mortels. Vous l'aurez compris il s'agit de la règle du 49/51% qui retient l'attention cette semaine. Si la mesure date de 2009, ce sont les réactions que suscite son maintien, annoncé par le gouvernement devant les députés, qui méritent que l'on s'y arrête. Que l'on s'interroge. Mais, d'abord, rappelons qu'il s'agit d'une règle, contenue dans la loi de finances complémentaire de 2009, qui exige de l'investisseur étranger un partenariat avec une entreprise algérienne, publique ou privée, détenant la majorité. Avec, en sus, un aspect moins évoqué qui est le droit de préemption que s'accorde l'Etat algérien. C'est-à-dire l'acquisition d'un bien par priorité à tout autre prétendant. En résumé, l'étranger qui veut investir dans notre pays ne peut le faire qu'en association à hauteur de 49% d'actions avec un Algérien pour les 51% parts d'actions restantes. De plus, et en cas de cession des parts par la partie algérienne et si le repreneur n'est pas algérien, l'Etat fait jouer son droit de préemption pour acquérir la ou les parts cédées. Voilà qui est clair. Cette loi vise globalement à mieux garantir notre souveraineté économique. Que des étrangers puissent être contre ces mesures, cela peut s'expliquer. Par le profit notamment pour ne pas avancer d'autres motifs et verser dans le procès d'intention. Mais que des Algériens crient plus fort qu'eux est moins compréhensible. C'est pourquoi, l'opinion publique algérienne doit saisir toute la portée de cette règle. Ce n'est pas sorcier ni aussi compliqué à comprendre que certains voudraient le faire croire. A ceux qui prétendent que cette règle bloque les investissements étrangers nous opposerons deux facteurs. Le premier étant que les opérations économiques internationales sont largement dominées par des considérations politiques. Sinon, comment expliquer qu'en pleine crise de l'automobile, des constructeurs se lancent dans la production de voitures électriques alors même que ni la logistique (faible autonomie, réseau de stations-service spécifiques à travers les vastes territoires des pays concernés, choix du mode de production supplémentaire d'électricité, etc.) ni la culture des consommateurs ne sont assurées. Le retour d'investissements dans un tel cas n'est possible qu'à la saint-glinglin. Malgré tout, ces investissements sont en cours. Le second étant qu'en pleine crise économique mondiale, il y a de quoi douter que des investisseurs restent sur les traditionnelles positions du «tout ou rien». Toutes les marges sont bonnes à prendre. Plusieurs investisseurs étrangers l'ont compris et n'ont pas hésité à venir dans notre pays. Parmi eux, les Allemands qui n'ont pas la réputation de ne pas savoir ce qu'ils font. Au contraire, ils sont tellement perspicaces qu'ils sont les seuls épargnés par la crise multiforme qui secoue l'Europe. A ceux qui avancent qu'il ne faut appliquer la règle que pour les secteurs stratégiques, nous voudrions bien qu'ils nous les énoncent. Il est clair que même la production d'oignons peut avoir un caractère stratégique. Des yaourts ont fini par déboucher, chez nous, et par le jeu des cessions de parts, sur le contrôle d'une partie de notre production de lait. Tout tissu industriel est stratégique. A fortiori dans une économie en pleine renaissance comme la nôtre. Reste ces Algériens, cités plus haut, qui s'offusquent plus que les étrangers. Nous ne les accablerons pas trop. Suffisamment, cependant, pour dire que ce sont les mêmes voix qui étaient contre le remboursement de la dette publique algérienne en 2006. C'est aussi les mêmes voix qui, en 2008, criaient en suggérant que l'Algérie se dote d'un fonds souverain pour entrer dans le capital des grandes banques internationales. Dans les deux cas, ils avaient «tout faux». Le remboursement anticipé de notre dette nous a évité le diktat des créanciers, tandis que les banques internationales sont, aujourd'hui, dans une situation critique quand elles n'ont pas encore déclaré faillite. Quel crédit peut-on encore accorder à ces mêmes voix quand on les entend, aujourd'hui, revenir à la charge pour décrier la règle des 51/49%' Aucun! Reste plus qu'à espérer qu'il n'y a de raisons, à leurs pressions, que l'ignorance. Même si cela entraîne de se passer de leur concours pour leur demander de trouver des pistes de relance de l'investissement national privé. Ou pour nous donner leurs solutions à la diversification de notre économie trop dépendante des hydrocarbures. Au risque de nous tromper, nous n'avons entendu sur ces deux points que leurs lamentations. Sans propositions. On vous disait bien qu'il ne fallait pas être expert, médiatiquement encensé, pour comprendre!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com