S'il y a une fonction qui est instable dans notre pays ça ne serait que celle d'entraîneur de club.
Dans cette fonction, l'Algérie a certainement battu tous les records cette dernière décennie. Des clubs sont même arrivés à avoir engagé six entraîneurs en une saison! Et cette saison qui ne se trouve qu'à la veille de sa cinquième journée, a déjà enregistré le limogeage de deux coachs, celui du MCA, Jean-Paul Rabier, celui du MO Constantine, le brésilien Joao Alvès alors que le coach du CA Bordj Bou Arréridj Rouabah vient de démissionner. D'autre part et c'est encore prévisible, d'autres coachs sont sur la sellette et on citera cette liste qui parait un peu longue rien qu'en Ligue 1. Jugez-en: L'entraîneur du MC Oran, Raul Savoy, le coach de la JS Kabylie, Fabbro, Abdelkader Amrani du WA Tlemcen, Rachid Belhout (ASO) sont les plus cités comme prochains fusibles à sauter au moindre faux pas.
Il est vrai que les clubs de ces coachs ne réalisent pas des résultats bien positifs et à la hauteur des aspirations de leurs fans et présidents, mais force est de reconnaître que d'aucuns techniciens vous diront qu'il faudrait au moins 4 ou 5 matchs pour que les premiers résultats du travail d'un coach soient visibles.
Mais encore, faut-il que ce coach ait déjà d'abord choisi ses propres joueurs au mercato, avoir eu assez de temps et les moyens pour bien préparer l'équipe, sans évoquer la véritable stabilité et surtout la «confiance» de ses dirigeants. Or, les résultats ont toujours primé dans les choix des présidents. Ce qui explique que ces coachs cités en dernier et bien d'autres qui pourront connaître le même sort, sont sous pression. Travailler dans de telles conditions serait un véritable supplice pour ces coachs. Un autre phénomène à noter dans cette catégorie de fonction: c'est le fait que les coachs acceptent de reprendre l'équipe en pleine saison: Menad, Latrèche et autre Henkouche, par exemple. Ce n'est pas interdit. C'est de bonne guerre, mais ce serait donc, un jour à leur tour de connaître cette situation eux qui l'ont déjà bien connue. D'aucuns coachs demandent plus de temps au moins une saison, ce qui est le minimum pour assurer quelques bons résultats.
Or, ce qui se passe sur le terrain, c'est que les gestionnaires pour ne pas dire les présidents, ont la fâcheuse tendance d'abord de recruter les joueurs avant le coach: ce qui est «insensé» pour des dirigeants se réclamant professionnels. Ensuite, ces mêmes dirigeants sont influencés par leurs entourages respectifs. Et tant que l'équipe fonctionne en fonction des «réactions de la rue», comme le disait un ancien président d'un des clubs les plus prestigieux, la situation des coachs restera la même.
Certains ont proposé, à la limite des contrats de coach à au moins deux saisons. Mais, voilà que ces mêmes présidents qui se dressent contre cette idée arguant que sur le plan juridique, c'est une opération qui rentre dans le cadre de la législation du travail et elle se résume à un contrat entre l'employé et l'employeur. Et on tourne en rond. L'unique solution se trouve finalement, et, à très bien réfléchir, entre les mains des présidents des clubs et pour être plus précis entre les mains des présidents des SSPA. C'est à eux d'avoir ce geste déontologique et ce courage de fixer le contrat de leur coach à deux ans et qu'il sera lié à un bilan annuel.
Comme c'est le cas pour leur gestion dont le bilan est annuel dans une assemblée générale. Pour le moment et en dehors des faits des présidents certains entraîneurs sont aussi à la merci de la commission de discipline de la LFP. Le dernier fait en date est la suspension d'un «monsieur» du football national, en l'occurrence, l'ex-sélectionneur des Verts et actuel entraîneur de l'USMH, ce professeur de football qui se voit sanctionné de six mois de suspension!
Ceci, sans parler des dernières décisions de cette même commission de discipline à l'encontre de l'entraîneur du MC Oran, Raoul Savoy qui a été sanctionné d'un match de suspension et d'une amende de 20.000 DA pour «contestation de décision», lors de la rencontre entre la JS Kabylie et le MC Oran disputée au stade du 1er- Novembre à Tizi ouzou.
De son côté, l'entraîneur adjoint de l'O Médéa Dahmane Moussa, signalé en fin de partie entre l'AS Khroub et l'O Médéa, a écopé d'un mois de suspension et 40.000 DA d'amende.
C'est dire qu'entre le limogeage, les sanctions de la LFP et la pression du public, les entraîneurs se trouvent vraiment dans un cercle vicieux dont on ne trouve pas l'ouverture, du moindre petit arc...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said MEKKI
Source : www.lexpressiondz.com