L?amitié algéro-allemande à l?épreuve
Le séminaire de formation organisé par la Fondation Friedrich Ebert, à l?intention des journalistes et correspondants de presse de l?Ouest, a tenu toutes ses promesses. En effet, pas moins de 25 participants - représentant les quotidiens El Khabar, El Watan, Liberté, Echourouq, Algérie News et El Fedjr, l?APS ainsi que les radio El Bahia, Dahra et Chlef - travailleront, trois jours durant, sur un rythme soutenu. Encadrés par Elke Pickartz, journaliste à Reuter, Karin Skalweit et Ahmed Amrani, membres de la fondation, les journalistes ont suivi une série de cours et de simulations d?interviews qui leur ont permis de se familiariser avec les techniques de rédaction d?une dépêche et d?un commentaire. La disponibilité d?une documentation de qualité a permis aux participants de repartir avec des outils et des recommandations dont ils seront unanimes à reconnaître l?utilité. En effet, durant la séance d?évaluation qui ponctuera le séminaire, ils se relayeront tous pour remercier la fondation qui porte le nom d?un ancien président de la République d?Allemagne d?entre les deux guerres. Mais aussi pour demander aux organisateurs de renouveler ce genre de rencontres qu?aucun organisme algérien, ni international, n?aura initié auparavant. Durant leur court séjour, les membres de la délégation ainsi que les journalistes et correspondants auront eu l?opportunité de visiter l?école régionale des beaux arts où le néo-miniaturiste Hachemi Ameur leur montrera l?exposition permanente qui orne les murs et les couloirs de cette somptueuse maison de maître au style arabo-mauresque affirmé. Durant la soirée de jeudi, les participants auront droit à un récital de musique andalouse donné par l?association Ibnou Bajja. La clôture de cette session de formation sera entièrement consacrée à la célébration de l?amitié algéro-allemande dont beaucoup de participants, notamment parmi les plus jeunes, découvriront la portée et la profondeur historique. Notamment lorsqu?un correspondant demandera à ses collègues de s?associer au deuil qui vient de frapper la gauche allemande, suite à la disparition de Hans Jurgen Wiechnwski, dit « Ben Vich », un des plus fidèles amis des combattants algériens de la guerre de libération. C?est avec une grande ferveur que les participants décideront d?envoyer un télégramme de condoléances à l?ambassadeur allemand. Une manière de rappeler le soutien matériel et moral de la gauche allemande au juste combat de notre peuple. Soutien qui finira par refroidir les relations franco-allemande, mais qui permettra aux militants de la 7e wilaya de disposer d?un pays d?accueil et de solides amitiés. Une page de l?histoire qui sera malheureusement totalement occultée par l?Algérie officielle. Même si elle intervient tardivement, cette pensée à l?égard de « Ben Vich » aura eu un profond impact chez les membres de la Fondation Ebert qui ne s?attendaient certainement pas que, depuis la lointaine province, des femmes et des hommes de plume - souvent jeunes et parfois anonymes -, ressusciteront, le temps d?un recueillement, la formidable épopée de l?amitié algéro-allemande. C?est pourquoi ce séminaire, au demeurant très riche en enseignements, aura aussi permis à rafraîchir les mémoires. Et à réhabiliter, ne serait-ce qu?à titre posthume, le juste combat d?un frère de combat. A voir l?immense joie empreinte de solennité de nos hôtes allemands, il n?est pas prétentieux d?affirmer que la rencontre de Mostaganem fut celle de la réalisation d?un vieux rêve commun.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Yacine Alim
Source : www.elwatan.com