Le service infectieux en grève
« Arrêt de travail illimité » pour certains, « sit-in de protestation » pour d?autres ; une chose est sûre : le service infectieux et parasitaire du CHU d?Oran a été fortement perturbé hier. Les personnels médical et paramédical protestent contre le remplacement du Dr Bellal, par le Pr. Benabdellah, au poste de chef de service. « Je suis en grève pour m?opposer à la procédure qui a entouré la décision de remplacement du chef de service. On ne peut effacer 25 ans de dévoués services rendus aux malades et aux personnels », soutient un médecin, au milieu d?une vingtaine de ses confrères, devant l?accès principal du bloc des maladies infectieuses. Les protestataires ont observé un rassemblement en signe de solidarité avec « celui qui a été, durant 25 longues années, à leur côté. » Les larmes aux yeux, une infirmière a même insisté qu?elle « ne rejoindra pas son poste tant que le docteur Bellal n?est pas maintenu à son poste. » Contacté par nos soins, celui-ci dit « contester la procédure qu?il qualifie d?injuste prise à son encontre. » « J?ai formé, soutient-il, une quarantaine de spécialistes et des centaines de médecins généralistes. J?ai affronté et j?ai géré les pires situations épidémiologiques, telles que la peste et le choléra qu?a connus Oran. » Et ce médecin de relater comment il a été révoqué de son poste. « J?ai été convoqué par le directeur du CHUO qui m?a signifié verbalement que je suis remplacé par un autre responsable. Je n?ai reçu aucun document officiel. Je trouve cela injuste. » Et notre interlocuteur de s?interroger : « Le conseil scientifique ne devrait-il pas être consulté pour donner son avis ? Sinon à quoi sert-il quand on passe outre à ses prérogatives ? C?est franchement la politique du fait accompli ! » Des questions sans réponses Dans un point de presse, le professeur Attar, nouveau DG du CHUO, affirme que « ce cas ne relève pas de ses prérogatives » et que la légalité de la procédure « a été respectée. » « J?ai reçu deux décisions, dit-il, qui sont signées au niveau du ministère. La première met fin à la fonction du Dr Bellal au poste de chef de service, et la seconde nomme le Pr. Benabdellah pour lui succéder. Je n?y peux rien et ne peux que m?y soumettre. C?est la tutelle qui nomme les fonctionnaires à tel ou tel poste. C?est le système qui est comme ça ! » Et le DG du CHU de soutenir : « C?est vrai que le parcours du Dr Bellal est respectable, mais il a oublié de gravir les échelons, contrairement à Anouar Benabdellah qui, lui, a été récemment titulaire du grade de docent. Le Dr Bellal a pourtant accepté de passer les consignes. Je m?étonne de son revirement. » Si le Dr Bellal en fait « une affaire de principe en disant : « Je ne resterai pas dans ce service si je ne suis pas rétabli dans mes droits », le DG du CHUO, lui, se veut sans concession aucune, et il ira même jusqu?à nier l?existence de tout débrayage du personnel du service.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Cherif Lahdiri
Source : www.elwatan.com