Affirmer, comme l'ont osé des confrères, que le retour d'Ouyahia aux affaires consacre celui du «courantéradicateur», cela sous-entend que la politique sécuritaire du pays suiviejusqu'à maintenant va connaître du changement. Rien n'est plus faux, pour lasimple raison que cette politique sécuritaire se définit ailleurs qu'à la chefferie du gouvernement et est conduite par desinstitutions et des responsables qui échappent totalement à son autorité.
«Eradicateur», Ouyahia a assuméde l'être avec franchise et constance. Belkhadem, lui,ne s'est jamais caché d'être un «réconciliateur». Pour autant, il ne nous estpas apparu que la politique sécuritaire appliquée à la lutte antiterroriste aitété révisée dans un sens ou dans l'autre des inclinaisons de ces deux personnalités quand elles ont été à la tête de la primature.
Il est injuste de donner à comprendre que Belkhadem a été responsable d'une baisse de vigilance dans lalutte antiterroriste, si une telle situation s'est produite quand il a été auPalais du gouvernement, et présomptueux de laisser croire qu'Ouyahia va «revêtir la tenue camouflée» et réviser lastratégie sécuritaire de l'Etat.
C'est le même commandement militaire, le même ministre del'Intérieur et les mêmes responsables des services de sécurité qui ont lacharge du combat antiterroriste qu'ils mènent selon un plan et des orientationssur lesquels seul le président de la République, chef suprême des Armées et ministrede la Défense,a son mot à dire.
Ouyahia et Belkhadem ont, il est vrai, desvisions et des concepts très différents, voire antagonistes sur des pointscruciaux, tant en politique que sur les plans économique et social. Vouloir lesopposer encore sur celui du sécuritaire, cela revient à accréditer faussementque leur conception respective en la matière a ou va influer sur les données sécuritaires.
Ce que Ouyahia a dit, tant dansson discours au congrès du RND que durant sa conférence de presse à l'issue deces assises sur la réconciliation nationale, peut être endossé sans restrictionni nuance par son prédécesseur. Tout comme Ouyahia, Belkhadem n'a jamais, en tant que chef du gouvernement, découplédans ses déclarations la nécessité de persévérer dans la politique deréconciliation nationale, de celle de poursuivre avec fermeté la lutteantiterroriste.
Quelles que soient leurs convictions intimes, les deuxhommes ont été ou sont à des postes de responsabilité qui ne leur octroient nile pouvoir de décider la stratégie sécuritaire du pays, ni d'influer sur sonmode opératoire et sa conduite. Sachant que lui et Belkhademn'ont pas le poids que notre corporation leur prête pour prétendre être lesacteurs déterminants dans le rapport de force politique tel qu'il s'établitprésentement, Ouyahia ne s'est finalement trouvé dedifférence entre lui et Belkhadem que celle «dutempérament et du style».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com