Quatre ou cinq jours pour boucler le mois de Ramadhan 'A l'orée du XXIe siècle, la question paraît pour le moins insolite.
Comment peut-on encore se demander combien durera la révolution de la Lune autour de la Terre quand des ordinateurs arrivent à établir, à la minute près, le jour et l'heure du passage d'une comète ou de la chute d'un objet céleste, dont les mouvements sont tout aussi complexes que celui de la Lune, de la Terre ou du Soleil ' Personne ne remet en question la fiabilité des calculs astronomiques dans l'établissement d'un calendrier, lunaire ou solaire, qui peut se projeter sur des siècles. Personne ne songerait à mettre en doute les horaires des prières pour tout le mois, l'année ou même la décade qu'on trouve partout. Les éphémérides définissent les heures de prière à la minute près en tout point de la planète et pour des années. Et c'est le même procédé de calculs qui est utilisé, avec des moyens de recherche et d'études pointus qui sont mis à la disposition de l'astronomie. Satellites, télescopes, ordinateurs super puissants, sondes spatiales observant les profondeurs du système solaire offrent aux scientifiques les technologies les plus avancées tant pour l'observation que pour la mesure et le calcul les plus précis de tout. Seul le mois de Ramadhan échappe à la science. On continue encore à scruter le ciel pour observer ce bon vieux croissant de Lune qui nous dira quand nous devons jeûner ou quand nous devons clôturer le mois de carême. Mais on a accepte et admet que le calendrier établisse les débuts et les fins des autres mois du calendrier lunaire musulman, pas le Ramadhan, alors qu'on trouve sur le Net les horaires précis de la visibilité, les phases, le n'ud lunaire, l'apogée, le périgée, la distance Lune-Terre, l'âge de la Lune, l'heure du lever et du coucher de la Lune pour n'importe quel jour de l'année. Pourtant, le Coran ne pose aucun interdit ou contrainte à l'établissement d'un calendrier, ni le prophète. D'ailleurs, des astronomes musulmans ont déjà élaborés des tables de prédictions déterminant la visibilité du croissant de Lune et la dynastie fatimide a utilisé un calendrier défini par le calcul astronomique. Plus de 10 siècles après, les musulmans se retrouvent partagés entre ceux qui croient à la science et ne voient aucune raison d'invoquer des arguments religieux inexistants et ceux qui restent arcboutés à l'observation de visu du nouveau croissant, en application d'une orientation du prophète demandant aux musulmans de jeûner à sa vue et de clôturer le mois de jeûne à sa vue. Toutefois, le prophète - qui a plaidé plus d'une fois pour l'acquisition du savoir- n'a pas exclu l'observation par l'intermédiaire d'appareils sophistiqués ni le calcul qui permettent d'établir avec précision les positions de la Lune à n'importe quelle période de l'année et sur n'importe quelle partie du globe terrestre. Qu'est-ce qui nous empêche donc d'utiliser la science au lieu de nous ridiculiser avec des conduites qui ne font aucunement honneur à une civilisation connue pour avoir développé de nombreuses sciences dont l'astronomie.
H. G.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Gherab
Source : www.latribune-online.com