Oran - Revue de Presse

Main basse sur Tahtaha



L’esplanade de l’Indépendance envahie par le commerce à la sauvette La Tahtaha étouffe sous le poids de l’informel. Lieu de mémoire et de ralliement de la population oranaise dans ce quartier symbole de la ville d’Oran, l’esplanade de l’Indépendance est livrée au commerce à la sauvette à tel point que la moindre parcelle est exploitée, louée ou sous-louée, c’est selon, par une faune de spéculateurs qui ont fait main baisse sur...tout, sous l’œil moitié fermé des services concernés. Bref, des pratiques commerciales illégales, le plus souvent soumises à une logique implacable, celle du trabendo pur et dur, bien entendu. Des pratiques honnies à la fois par les habitants eux-mêmes et les commerçants patentés qui ne trouvent souvent pas une oreille attentive pour exprimer leurs doléances et leur ras le bol dans ce méli-mélo pas facile à démêler. A cause des nuisances, de l’insalubrité, du stationnement anarchique, de la pagaille ambiante avec tout ce que cela suppose comme étalage sauvage pour tout dire d’autres pratiques répréhensibles comme le commerce de produits prohibés, outre les vols, les agressions, devenues coutumières. De 7 heures du matin à 18 heures, ce sont des groupes entiers qui déferlent sur la placette, du moins sur une bonne partie, pour faire étalage de leurs marchandises. Et quelles marchandises, des CD pornographiques, de sang et d’horreur, de crimes, un cocktail explosif qui peut heurter des sensibilités des personnes les plus tolérantes», comme le condamne un habitant du quartier qui tente de briser la loi du silence, celle de la complicité de quelques commerçants qui se sont mis de la partie pour louer ou sous-louer les trottoirs attenants à leurs magasins. Un système D qu’on croyait l’apanage des seuls groupes d’intérêts, comme les barons des conteneurs. Ces propos sont étayés par d’autres commerçants, ayant pignon sur rue et qui se demandent aussi pourquoi l’immobilisme des responsables chargés d’évacuer les commerçants à la sauvette, malgré l’existence d’un arrêté de wilaya qui interdit toute vente sur la placette. C’est dire que la vie des riverains est devenue un cauchemar à cause de l’inertie des uns et de la complicité des autres. Il est temps, sans doute, de donner un coup de balai pour permettre à ce symbole de retrouver son bouillon de culture comme le dit avec un pincement au cœur Mahi Mellal, un Oranais de cœur et d’esprit qui se remémore le temps d’un café pour nous parler du bain de l’horloge et autres lieux de mémoires de Médina J’dina. Hélas, tout a été effacé pour laisser place au commerce et au négoce, fit-il remarquer.
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