Oran choisie comme zone pilote par l’Unicef
«Oran a été choisie par l’Unicef comme zone pilote pour agir localement et lutter efficacement contre ce fléau du siècle et pouvoir dire que sa jeunesse est bien informée au niveau des quartiers et autres lieux de concentration des populations sur le danger du SIDA».
C’est qu’a déclaré M. Raymond Janssense, représentant de l’Unicef en Algérie, en marge de la journée de réflexion sur le VIH-SIDA, organisée à l’Institut national de santé publique d’Oran, qui a insisté longuement sur le partage du savoir-faire existant afin, dit-il, de développer davantage cette dynamique associative. Une journée couronnée, du reste, par un plan d’action de l’Unicef et ses partenaires l’ONUsida comme l’a signifié ce fonctionnaire des Nations unies, pour avoir réussi à réunir ensemble plusieurs organisations et représentants d’associations d’Oran, d’Akbou, d’Adrar, de Tizi Ouzou, d’Alger, de Tlemcen et d’Aïn Témouchent, pour débattre d’un fléau ravageur, appelant l’assistance à une mobilisation sociale active et pro-active. «Vous pensez activité sexuelle, il faut penser protection», dira t-il en substance, comme pour rappeler à cet aréopage constitué de spécialistes, d’institutionnels, d’associations et de journalistes, cette obligation morale de partager notre connaissance avec la population ciblée, celle comprise notamment entre 14 ans et 29 ans. Tout cela, bien entendu, dans la perspective de créer cette synergie de manière à lutter efficacement contre le sida qui constitue une véritable menace pour nos enfants, particulièrement la tranche 15-25ans. Les statistiques avancées par les spécialistes, à elles seules, donnent parfois des frissons lorsqu’on sait qu’un décès sur dix est provoqué par le VIH/SIDA. Pire, chaque minute, un enfant de moins de 15 ans meurt de cette maladie. La situation en Algérie est également préoccupante compte tenu de l’évolution de la maladie au rythme de 2 cas par semaine même si l’Algérie est considérée aux yeux de certains comme zone à faible prévalence. Cela dit, certains chiffres avancés ont parfois choqué plus d’un membre d’associations qui s’interrogent si l’augmentation des cas notifiés de VIH-SIDA, appuyés par le nombre de cas testés est affirmative ou non.
Ceci est d’autant plus préoccupant que tout cas dépisté doit être déclaré, s’il est positif au niveau du laboratoire national de référence (LNR). D’après certains intervenants qui ont rectifié le tir, les centres régionaux seraient autonomes et ne déclarent pas les cas séropositifs. Ce qui revient à replacer, encore une fois, la problématique relative à la planification des soins, celle aussi de l’approvisionnement en ARV, en réactifs et autres. D’autant plus que d’autres intervenants exerçant dans les services infectieux d’Oran, parmi les spécialistes, ont avancé le chiffre de 83 cas en 5 mois de cas de séropositifs parmi les donneurs de sang et les personnes dépistées, au niveau de la capitale de l’Ouest. Une réalité également frustrante pour certains cliniciens qui ont du mal à prendre en charge convenablement les malades. Autres contraintes : la prise en charge spécifique, comme le soutien social, aujourd’hui, indissociable de la prise en charge globale. Il est utile de relever que la situation épidémiologique à Oran fait état de 330 cas cumulés de séropositifs contre 1200 cas, chiffres officiels enregistrés à Alger. L’essentiel, pour cette journée est surtout le fort engagement des participants qui se sont montrés davantage mobilisés pour plus d’effort en matière de lutte contre la discrimination et la stigmatisation sachant que le problème demeure au niveau des mentalités, comme le dit le Dr Brixi de l’association SDH qui se désole qu’il existe, de nos jours, une hiérarchie artificielle qui continue à fragiliser davantage les malades. Les stigmates, déplore t-il, sont là, comme une marque de fer rouge pour dire que nous avons intérêt à changer nos comportements envers les sujets atteints du VIH /SIDA.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com