Le négoce parallèle, appelé par force
pudibonderie, marché informel, se fait toujours plus tenace et plus envahissant,
bravant la puissance publique qui, en dépit du cadre législatif et
règlementaire, peine à l'éliminer, du moins à le refréner. La traque des agents
de l'ordre public, qui consistait à ne laisser personne squatter l'espace
public, semble appartenir à une époque révolue.
Il
n'y a qu'à voir les étals qui ont pris possession des rues et trottoirs du
centre-ville de Maghnia, principalement les alentours
du marché couvert, pour se rendre compte de l'ampleur du phénomène. Confinée
pendant longtemps à quelques placettes, l'activité s'est répandue comme une
traînée de poudre pour investir toutes les rues et trottoirs du centre-ville. «Le
chômage et la précarité poussent de nombreux citoyens à apprendre à se
débrouiller comme ils peuvent pour subvenir à leur besoin», tente d'expliquer
un commerçant légal des fruits et légumes, qui voit, néanmoins, d'un mauvais
oeil l'irruption dans la sphère publique de ce négoce déloyal. A hauteur des
rues et trottoirs jouxtant le marché couvert, les revendeurs proposent divers
produits, même le pain traditionnel se vend sans
aucune hygiène et devant une décharge. «C'est mon seul et dernier recours pour
sauver la face, car toutes mes tentatives pour décrocher un poste d'emploi se
sont soldées par un flop», avance un jeune vendeur de pain traditionnel.
Sur les routes, c'est le même décor, car en
rase campagne, ce sont surtout les fruits et légumes qui sont étalés sur les
accotements des routes. «Je préfère vendre ma récolte directement que de la
céder aux intermédiaires qui font dans la spéculation», nous dira un marchand
de pomme de terre installé sur la route à la sortie ouest de la ville. «Il faut
que le consommateur trouve largement son compte en achetant ici des légumes 20
à 30% moins chers», estime notre interlocuteur, agriculteur de son état.
Mais, là aussi, ça sent l'arnaque, car un
citoyen nous dira : «Nous avons acheté mon ami et moi des petits sacs de pomme
de terre et quelle fût notre surprise après vérification de la pesée de
découvrir que pas moins de 2 kg
manquaient au poids de chaque sac». Devant le mutisme des responsables
concernés et le non-respect des lois régissant le commerce, l'informel a encore de beaux jours devant lui, et si cette situation
perdure, il faudra s'attendre au pire.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Chergui Abdelghani
Source : www.lequotidien-oran.com