
Après que le Premier ministre ait déclaré qu'«il fallait séparer l'argent du politique», le ministre de la Justice a été chargé de multiplier les discours sur la lutte contre la corruption — Tipasa, Constantine et Oran —, mais sans définir les contours de cette lutte. Mieux encore, le chargé de la Justice évoque la nécessité de «relancer la loi relative à la déclaration de patrimoine», alors qu'en Algérie, cette loi n'existe pas, et ajoute qu'il faut «associer les citoyens», alors que chaque jour, les lanceurs d'alerte subissent toutes sortes de représailles”'selon l'APS («Algérie Presse Service», agence gouvernementale), le ministre de la Justice a indiqué jeudi 13 juillet 2017 à Tipasa que la lutte contre la corruption et tous les crimes économiques «n'est pas conjoncturelle», soulignant que l'action publique avait déjà été «mise en mouvement concernant plusieurs affaires de corruption, et la justice suit son cours».«La lutte contre la corruption n'est pas une campagne conjoncturelle, mais un travail mené sur le terrain au quotidien avec la participation de tous les secteurs de l'Etat», a précisé le ministre dans une allocution en marge de la cérémonie d'installation du nouveau procureur général près la cour de Tipasa.«La lutte ne se limite pas à l'aspect répressif, mais repose aussi sur la transparence dans la gestion des affaires publiques», a affirmé le ministre, soulignant la nécessité de relancer la loi relative à la déclaration de patrimoine et d'associer les citoyens à la lutte contre ce fléau. Mais de quelle loi veut parler le ministre ' En Algérie, il n'y a pas de loi spécifique à la déclaration de patrimoine des «agents publics» (élus et commis de l'Etat), et les dispositions à ce sujet de la loi du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption ne sont pas appliquées, notamment par ceux qui en ont la charge.C'est quoi une affaire de corruption dite «dangereuse» 'Toujours selon le ministre de la Justice, entre 2013 et 2016, les juridictions compétentes ont été saisies de 3 405 affaires de corruption qualifiées de «dangereuses» et les ministères publics ont mis en mouvement l'action publique contre les auteurs de «faits graves», ajoutant que la justice suivra son cours conformément à la loi, sans donner plus de détails sur ces affaires. Le ministre ne nous a pas donné la définition d'une affaire de corruption dite «dangereuse». Faisait-il allusion à des cas de grande corruption avec des ramifications internationales ' Et que doit-on comprendre par «auteurs de faits graves» ' Làaussi, le ministre ne le précisera pas.«Coordination entre les instances et services de l'Etat en matière de lutte contre les crimes financiers et économiques»Poursuivons la lecture du discours ministériel : «La consolidation du secteur de la justice se poursuit par l'introduction dans le nouveau plan du gouvernement, adopté récemment par le Parlement, de mécanismes ''plus efficaces de la politique de prévention contre le crime de corruption , à la faveur de l'intensification de la coordination entre les instances et services de l'Etat en matière de lutte contre les crimes financiers et économiques», a-t-il ajouté.Quels sont ces mécanismes et en quoi pourront-ils être plus efficaces ' Le ministre ne le précisera pas. En matière de coordination, et c'est un secret de Polichinelle, jusque-là , c'était plutôt le chacun pour soi et pour ne pas faire grand-chose : est-ce que ça va changer ' Peu probable, car la volonté politique pour ce faire n'est toujours pas au rendez-vous.Et le ministre d'annoncer : «Pour la mise en œuvre du programme du président de la République, il est prévu dans le cadre du Plan d'action du gouvernement de renforcer les dispositifs juridiques et réglementaires régissant la vie publique et les différents services, soulignant l'impératif d'accorder «un intérêt particulier à l'application de la loi relative à la Déclaration de patrimoine et à la redynamisation du contrôle visant à assainir le climat au sein des entreprises». Il a plaidé, dans ce contexte, pour un développement «efficace et transparent» en faveur de tous les enfants de l'Algérie, loin des comportements «illégaux, illicites, voire immoraux», soulignant la nécessité de «définir les obligations inhérentes à la Fonction publique et aux services spécialisés afin de préserver la neutralité et la transparence de l'administration».Comment cette grande annonce et cette grande résolution va-t-elle se traduire en programme d'action sur le terrain ' Nous n'en saurons pas plus”?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djilali Hadjadj
Source : www.lesoirdalgerie.com