Oran - Revue de Presse

Les trottoirs du centre-ville ne font pas l'unanimité



La qualité du revêtement des trottoirs du centre-ville suscite de plus en plus de critiques, aussi bien parmi les techniciens avertis que parmi les citoyens les plus profanes.

L'option du «béton imprimé» retenue par les pouvoirs  publics pour sa vertu - la seule peut-être - de «résistance», comparé à d'autres produits comme le carrelage, par exemple, semble finalement tomber en complète disgrâce aux yeux des Oranais, qui s'attendaient à un résultat beaucoup plus relevé particulièrement sur le plan esthétique. En effet, et même si ce béton imprimé avait donné une apparence plutôt agréable à voir aux premières heures de son application, quelque jours seulement ont suffit pour que la vivacité de sa couleur noire et flamboyante cède place à une grisaille terne et rêche. La cause, selon les techniciens que nous avons pu consulter, «c'est cette poudre noire qu'on applique sur le béton juste après sa mise en place mais qui finit par se décoller au bout de quelque jours seulement». Sans jeu de mots, c'est de la simple «poudre aux yeux» qu'on a appliqué pour donner une noblesse éphémère à un produit bas de gamme complètement inadapté pour servir comme revêtement des trottoirs dans un quartier comme le centre-ville d'Oran, affirment nos interlocuteurs. Autre critique que beaucoup de techniciens ont avancé, celle relative à ce choix d'uniformiser l'ensemble des trottoirs du centre-ville par l'utilisation d'un seul et même produit, à savoir le béton imprimé, alors que la spécificité de chaque artère, chaque immeuble et chaque site du centre-ville aurait dû plutôt favoriser une diversification des produits, particulièrement dans les grandes artères comme Larbi Ben M'hidi et Mohamed Khemisti. En effet, selon les mêmes sources, qui donnent comme référence ce qui se fait dans les grandes villes européennes, les pouvoirs publics auraient dû diversifier leurs options pour être en harmonie avec les spécificités de chaque site, en recourant à une panoplie de produits de qualité comme le marbre, le granite ou encore le «travertin», un produit au prix qu'on dit compétitif et qui est fabriqué non loin d'Oran, dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès. Mais, avait-on réellement les moyens de s'offrir des produits plus nobles, donc a priori plus chers ? Selon les spécialistes qu'on a consultés sur la question, la réponse est affirmative. Pour eux, avec un budget de plus de 10 milliards de centimes consacré à la réfection de 20.000 m² de trottoirs, les autorités locales auraient pu privilégier la qualité, même si cela induisait une révision à la baisse de la superficie ciblée. En effet, affirment les mêmes sources, «Il aurait été plus judicieux et plus efficace de rénover pour la même somme d'argent, 10.000 m² au lieu de 20.000 m², mais avec des produits diversifiés et de qualité supérieure». Avec cette option pour la qualité, ajoute-t-on, le centre-ville aurait beaucoup gagné sur le plan esthétique, sans compter la valeur que cela aurait ajouté aux autres programmes d'embellissement tels que ceux consacrés à la réhabilitation des immeubles, de la voirie et de l'éclairage public. Certes, il est plus facile aujourd'hui de crier à «la malfaçon» ou encore critiquer, après coup, les choix des autres, car le bon sens aurait voulu que le débat se fasse au moment opportun, c'est-à-dire avant le lancement des travaux, en impliquant architectes, urbanistes, techniciens et société civile.


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