Adolf Hitler,
fondateur et leader du mouvement nazi, a, plus d'une fois, dans ses écrits
comme dans ses discours, souligné son attachement au christianisme, religion
dans laquelle il a été élevé par ses parents, et rappelé combien l'exemple du
Christ l'a inspiré dans son idéologie comme dans son action.
Adolf Hitler, Un
Bon Chrétien
Une citation
tirée d'un de ses discours ne laisse aucun doute sur la profondeur de sa foi
chrétienne:
Mes sentiments de Chrétien m'orientent vers
mon Seigneur et Sauveur comme un combattant… Aujourd'hui, après deux mil ans,
et avec la plus grande émotion, je reconnais encore plus profondément
qu'auparavant, que c'était pour cette cause qu'il a versé Son sang sur la
Croix… En ma qualité de Chrétien, je n'ai pas le devoir d'accepter d'être
trompé, mais j'ai le devoir d'être un combattant pour la vérité et la justice.
(Discours du 12 avril 1922, reproduit dans: Norman H. Baynes, ed. The Speeches of Adolf Hitler, April 1922-August 1939,
Vol. 1 of 2, pp. 19-20, Oxford University Press, 1942)
Cette citation
pourrait apparaître comme une simple proclamation rhétorique destinée à un
public profondément imbu des enseignements du Christianisme, si « Mein Kampf,»
l'ouvrage où Hitler expose de manière franche et directe sa pensée politique ne
contenait pas maints développements où il rappelle combien son éducation
chrétienne a inspiré sa philosophie politique comme son action. Il se pose en
instrument de la divinité suprême en charge d'une mission historique qui se
résume dans l'élimination physique de toutes les «races inférieures,» pour que
le monde ne soit peuplé et gouverné que par la race aryenne.
«Mein Kampf» un
ouvrage ridiculisé lors de sa publication
Au vu du caractère extrémiste et excessif de
ses proclamations et de ses analyses, «Mein Kampf, » est apparu, à sa
publication, comme un livre écrit par un fou dont l'accès au pouvoir suprême
était loin d'être assuré. Beaucoup, dans les pays avancés, avaient alors traité
avec mépris les proclamations enflammées du leader du parti nazi, qui
projetait, non seulement de débarrasser le monde des « races inutiles, » mais
également de réorganiser l'économie européenne au profit exclusif de la race
germanique, en réservant les industries de transformation exclusivement à
l'Allemagne, et en transformant les Slaves et les Celtes en esclaves chargés de
produire les denrées agricoles nécessaires au peuple germanique.
Mais, ne pas
prendre au sérieux les dires et faits d'un fou que suit une large foule est
souvent le premier pas vers les catastrophes qui parsèment l'Histoire violente
de l'Humanité.
Les Peuples dont l'Extermination
était projetée
Parmi les peuples
dont Hitler projetait l'élimination, se trouvaient non seulement tous les
Sémites : Arabes, Juifs, Berbères, les Slaves (Les Polonais en particulier),
mais également les minorités raciales aux origines mal déterminées, comme les
Roms.
Arrivé au pouvoir, Hitler s'est attelé à
mettre en Å“uvre la partie la plus infâme de son programme politique, à savoir
la mise hors la loi, dans son propre pays, des minorités non chrétiennes. La
réalisation de sa mission d'inspiration « divine » exigeait qu'il recourt à la
violence armée contre les pays voisins et contre les minorités dont son
idéologie proclamait l'exigence d'élimination physique définitive.
L'Holocauste des
Roms d'Alsace-Lorraine
La «solution
finale,» c'est-à-dire le massacre systématique et hautement organisé des
minorités dont il avait donné la liste dans « Mein Kampf» fut lancée
officiellement lors de la réunion de la villa de Wannsee, le 20 janvier 1942.
Les Roms, ou Gypsies selon la terminologie
anglo-saxonne, n'étaient pas oubliés dans cette politique de purification
raciale.
Voici ce que le professeur Richard Evans, de
l'université de Cambridge, écrit à ce sujet dans le troisième tome de sa
trilogie consacrée au Nazisme (« Le Troisième Reich en Guerre, Penguin Press,
New York 2009):
Parmi la multiplicité des peuples que les
Nazis considéraient comme racialement inférieurs, une place spéciale était
réservée aux Roms. Himmler les considérait comme particulièrement subversifs du
fait de leur mode de vie d'itinérants, leur supposée criminalité et leur
aversion envers les emplois réguliers conventionnels. Aussitôt que la guerre
éclata, les SS saisirent l'occasion de mettre en Å“uvre ce qu'Himmler avait déjà
appelé « la solution finale de la question des Roms. »… dans les premiers mois
de 1942, les Roms d'Alsace-Lorraine, furent arrêtés et certains d'entre eux
furent transportés vers les camps de concentration en Allemagne, comme «
asociaux. » (p. 530)
Une solution
finale mise en Å“uvre systématiquement
Les Nazis, dans
leur folie meurtrière, ont utilisé, pour l'extermination des Roms, les mêmes
méthodes industrielles et les mêmes techniques de « management » que pour les
autres peuples qu'ils avaient collectivement condamnés à mort.
Un site consacré au peuple Rom
(http://romove.radio.cz/fr/article/20086) rappelle ce fait historique, dont il
est certain que beaucoup de ceux qu'on a vu sur les télévisions deviser du
problème, n'ignorent sans doute pas :
Le camp de concentration pour Roms a été créé
en 1943 à Auschwitz II - Birkenau. Au total 20.923 noms de prisonniers roms
d'Europe ont figuré sur les registres du camp. Ses prisonniers ont été marqués
par des triangles noirs en tant que personnes asociales. Les Roms mourraient
vite à la suite des conditions inhumaines, de la famine, des maladies et des
sévices corporels. Des femmes enceintes et les jumeaux ont été exposés aux
expériences monstrueuses du docteur Mengele. L'unique espoir de survivre - des
transports dans d'autres camps qui ont eu lieu en 1944, à l'approche du front.
Des personnes âgées et des mères avec enfants qui n'ont pas pu subir le
transport, ont été, dans la nuit du 2 au 3 août 1944, au nombre de 2.897,
exterminées dans les chambres à gaz d'Auschwitz.
Il est utile de rappeler que la moitié de la
population rom qui peuplait l'Europe a été éliminée dans les camps de
concentration nazis.
Le silence assourdissant
des « Holocaustistes »
Malgré
l'intensité du débat qu'a causé l'expulsion massive et ciblée des Roms sur le
territoire de l'ex-puissance coloniale, il n'a jamais été fait mention, ne
serait-ce que de manière passagère ou marginale, au fait que les membres de
cette minorité ethnique ont été victimes de la politique d'extermination menée
par les Nazis en Europe, en application de leur idéologie raciste. Des hommes
politiques, des philosophes près à se couvrir du bouclier de l'Holocauste pour
justifier les exactions du seul Etat méditerranéen qui se veut non seulement
d'inspiration divine, mais également racialement et religieusement pur, se sont
soudain trouvés sans inspiration et spectateurs silencieux, d'une opération
d'expulsion touchant une minorité raciale quasi-totalement exterminée dans le
cadre de la « Solution finale » Nazie
Une affaire de
mÅ“urs qui préoccupe la communauté internationale!
On a même vu une
affaire de droit commun et de mÅ“urs dans un pays musulman, transformée en une
question internationale, dans laquelle aucun des thuriféraires du Sionisme pur
et dur n'a manqué de se mêler. Il est étrange que ces personnalités
intellectuelles sans la présence desquelles tout débat politique apparaît sans
valeur, dans une certaine métropole, s'ils n'y apportent pas leur « grain de
sel, » se trouvent à palabrer et à faire des commentaires cinglants sur une
affaire que, selon une journaliste du pays en cause, interrogée lors d'une
émission de TV5 Monde, du 12 septembre 2010, reconnaît que personne ne s'y
intéresse particulièrement dans sa patrie, mais s'abstiennent de monter au
créneau pour défendre une minorité particulièrement touchée par la folie
meurtrière nazie. Pourquoi ont-ils choisi de se taire, alors qu'une minorité
considérée comme indigne de vivre par Hitler se fait expulser en masse de leur
pays ?
En conclusion
Le terme
d'Holocauste et le devoir de mémoire envers les victimes de l'Holocauste,
doivent-ils être des privilèges dont seraient exclues toutes les minorités
affectées à l'exception d'une seule ?
Les Roms, et d'autres, sont-ils toujours
considérés comme des sous-hommes, même par ceux qui proclament être les témoins
vivants de ce drame dont les inspirateurs se proclamaient profondément
Chrétiens, et qui s'est joué en Europe à l'exclusion de tout autre continent ?
Veut-on éviter de rappeler que les Roms ont
été victimes de l'Holocauste, uniquement pour que n'apparaisse pas avec clarté
le rapprochement de leur sort avec celui des Palestiniens expulsés de leurs
terres et interdits de reconnaissance, sous le couvert de compensations morales
et historiques dus à d'autres ?
Le rappel de l'Holocauste au profit exclusif
d'un seul groupe religieux est-il finalement un prétexte tout trouvé pour
justifier une politique de domination qui n'a rien ni de moral, ni d'humain ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mourad Benachenhou
Source : www.lequotidien-oran.com