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Les promesses non tenues d'un poulet moins cher



Les producteurs d'aliments de bétail de la région ouest, estimés à une centaine, se plaignent de leur non approvisionnement en orge depuis le mois de juillet dernier. Si pour les deux autres intrants à savoir : le mais et le soja, le manque a été compensé par d'autres substances, pour l'orge, cette mesure de l'Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) commence à avoir des incidences sur l'activité de plusieurs petites unités et en plus de l'arrêt de la production, ce sont des centaines d'emplois qui risquent de disparaître. Des opérateurs affirment que cette mesure n'est nullement systématique, puisqu'elle n'est pas appliquée pour un producteur basé dans la wilaya de Mascara. Nos interlocuteurs insistent sur le fait que ce sont les aviculteurs qui sont les plus concernés par cette mesure, étant donné que l'alimentation de leurs cheptels manque dans plusieurs wilayas de l'Ouest.
De son côté, le directeur régional de l'Office a tenu à préciser que l'approvisionnement en orge des producteurs d'aliments de bétail est suspendu durant la campagne moissons-battages et ce n'est qu'à partir du mois de septembre que cette opération sera relancée. Notre interlocuteur rappelle qu'en septembre 2011, certains producteurs ont été approvisionnés en orge avant que les pouvoirs publics décident d'assainir ce secteur en fixant des critères pour les producteurs à l'instar de sa situation par rapport à la zone de couverture, l'importance des équipements ainsi que les capacités de stockage. La nouvelle stratégie dégagée favorise ce segment, notamment dans les zones agropastorales où se trouve la plus grande concentration d'éleveurs. Par ailleurs, notre source rappelle que les éleveurs s'approvisionnent directement auprès des CCLS. D'autre part, concernant les projections attendues pour la campagne moissons-battages qui a débuté au sud depuis le 20 avril et qui sera entamée dans les autres wilayas de l'Ouest à partir de la mi-mai, le même responsable a précisé que, pour cette année et en raison des conditions climatiques favorables, les résultats s'annoncent exceptionnels et de loin meilleurs par rapport à l'année dernière. Ainsi, pour l'Ouest, 18 millions de quintaux sont attendus avec 9 de collectés, alors que durant le dernier exercice, seuls 15 ont été obtenus et 7 collectés.
Le responsable régional de l'office a rappelé que les piètres résultats de l'année dernière s'expliquent par une sécheresse qui a sévi à 45% pour les wilayas de l'Ouest et qui a atteint les 100% pour la wilaya d'Oran, qui a été la plus touchée. Ces perturbations du secteur de l'aliment du bétail, même s'il n'est pas le seul et unique facteur, continuent d'avoir des incidences sur le marché des viandes blanches et les éleveurs, comme ceux de la wilaya d'Oran, estiment que l'aliment demeure cher et ne peut nullement favoriser le retour à des prix plus accessibles. Actuellement, le prix du kilo de poulet varie entre 280 et 300 DA pour la pièce, alors qu'il atteint 330 pour la vente au détail. Pourtant, un responsable de la SGP Proda avait prédit, en janvier dernier, que les prix du poulet allaient diminuer à partir de février après une période de folie lors de laquelle le produit a été cédé au détail jusqu'à 340 DA le kg. Ainsi les prix annoncés à savoir 220 DA le kilo sont loin de la réalité et les aviculteurs refusent de porter, à eux seuls, la responsabilité de cette volatilité des prix en considérant qu'ils doivent s'assurer, eux aussi, d'une marge bénéficiaire sécurisante. La solution finale est de permettre à tous les éleveurs d'accéder plus facilement aux allégements décidés en haut lieu, mais qui, dans la pratique, sont souvent accompagnés de difficultés d'application. Le recours au stockage ne peut nullement être la solution idéale étant donné que le système de régulation, mis en 'uvre pour plusieurs produits, a montré toutes ses limites. En revanche, les professionnels estiment que la meilleure solution est de produire davantage et d'introduire les meilleures techniques d'élevage afin de minimiser les risques.


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