Oran - Revue de Presse

Les prix de la viande jouent au yo-yo



Le marché de la viande ovine à Oran est marqué depuis plusieurs semaines par des fluctuations de prix qui continuent de partager les professionnels de la filière sur l'explication à donner au phénomène. Après le pic atteint en septembre dernier avec un kilo de viande cédé en boucherie à 1.100 dinars, à la faveur d'une hausse substantielle de la demande à l'occasion du mois de Ramadhan, les prix ont fini par rechuter jusqu'à 700 dinars le kilo avant de reprendre une courbe ascendante, depuis la semaine dernière, pour se stabiliser aux alentours des 860 dinars le kilo en moyenne. Certains lient cet effet yo-yo des prix par la non régularité des pluies cette saison. En effet, expliquent-ils, pour les éleveurs de bétail, la pluie est synonyme de disponibilité des aliments. Ils peuvent donc se permettre de relever la barre des prix. En cas de sécheresse, ils sont obligés de vendre à des prix plus ou moins cléments, pour limiter leurs pertes. Pour d'autres, cette fluctuation des prix ne peut être expliquée que par un recul de la demande, ces derniers temps, à cause d'un pouvoir d'achat en constante régression. Pour eux, la majorité des ménages à revenus limités préfèrent opter pour la viande surgelée ou encore la volaille, nettement plus abordables.

 En tous les cas, si les professionnels sont d'accord sur une chose, aujourd'hui, c'est bien sur le caractère imprévisible des prix pour les jours à venir. Un flou que renforce la disparité actuelle de ces prix parfois dans des boucheries d'un seul et même marché. Hier, au marché des Aurès (ex-La Bastille), certaines boucheries affichaient le kilo de viande à 850 dinars, d'autres à 920 dinars. Devant cet état de fait, le consommateur reste hésitant et même sceptique en préférant souvent ne pas se risquer à acheter chez n'importe quel boucher. «On travaille essentiellement aujourd'hui avec nos clients les plus fidèles. Rares sont les clients de passage, certainement dissuadés par nos prix un peu plus élevés que chez les autres. Nos clients connaissent en revanche le sérieux de la maison et surtout la qualité irréprochable de nos produits», affirme un boucher du dit marché avec un prix affiché de 900 dinars le kilo d'agneau.

 Mais pourquoi cette différence de prix ? Pour le gérant de cette boucherie, cette disparité des prix s'expliquerait par l'existence actuellement sur le marché d'une variété de qualités de viande, qui nécessairement ne peuvent pas avoir le même prix. La viande du petit agneau est plus chère. La viande du mouton (animal dont le poids dépasse les 30 kilos de poids) ou encore la viande de brebis sont naturellement nettement moins chères, car leurs qualités gustatives sont moindres. Un détail qui a son poids, mais que beaucoup de commerçants préfèrent taire, ce qui constitue une «tromperie sur la qualité».


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