
Une tendance qui risque de s'aggraver avec la politique d'austérité menée par le gouvernement.En 2016, le programme Joussour a lancé une étude sur l'état des lieux de la responsabilité sociétale des entreprises en Algérie et leur soutien aux acteurs associatifs. Cette étude a touché plus de 40 entreprises et 26 organisations de la société civile. Ce rapport élaboré par Souraya Akkouche et François Fatouxa a été réalisé avec le soutien financier de l'Agence française de développement et de la Fondation de France. Il recommande de repenser le modèle économique pour assurer la pérennité des actions des associations. «Cette question se pose avec acuité dans un certain nombre de pays en raison d'un désengagement des Etats dans le financement du secteur associatif», est-il écrit. Au-delà des questions financières, de grandes ONG, centrées sur les questions d'environnement, de défense des droits de l'homme comme de lutte contre la corruption, ont fait le choix d'aller vers les grandes multinationales à la fois pour les interpeller sur leurs pratiques sociales et environnementales, mais aussi pour les accompagner dans le cadre de leur politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Les multinationales pesant davantage dans beaucoup de pays, c'est vers elles que les ONG ont choisi d'exercer leur influence, passant progressivement d'une approche fondée sur le mécénat à celle d'une logique de coopération économique et d'accompagnement de pratiques dites «responsables». En Algérie, les subventions publiques à destination du mouvement associatif sont traditionnellement faibles et cette tendance risque de s'aggraver avec la politique d'austérité menée par le gouvernement, depuis la chute drastique des prix du pétrole en 2015, est-il souligné. Parallèlement, les financements des bailleurs internationaux, qui contribuent depuis deux décennies à l'émergence d'un mouvement associatif plus structuré et plus efficace, sont plus réglementés par la loi 12/06 sur les associations. Pour continuer leurs activités, celles-ci n'ont d'autre choix que de diversifier leurs sources de financement en explorant la piste du secteur économique. Certaines, dont des membres de Joussour, rencontrent un certain succès dans cette démarche et parviennent à capter des fonds plus ou moins conséquents du secteur marchand privé et public. Mais elles sont peu nombreuses et les mécanismes d'octroi de ces aides sont peu connus, non transparents et pas suffisamment structurés pour profiter à tous. D'un autre côté, quelques entreprises nationales et internationales entretiennent des relations de partenariat financier sous forme de mécénat avec le monde associatif. Elles restent cependant minoritaires malgré une législation qui prévoit des abattements fiscaux sur les dons octroyés à des oeuvres ou des organismes d'intérêt général. Quelques-unes, surtout des filiales algériennes de multinationales, ont adopté une démarche RSE, mais la plupart sont plutôt dans une démarche caritative. Le programme Joussour, initié en Algérie en 2006, vise à renforcer la société civile algérienne dans la prise en charge de l'enfance et de la jeunesse vulnérable.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali TIRICHINE
Source : www.lexpressiondz.com