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Keith Ellison, le numéro deux, lui donne des sueurs froides



Keith Ellison, le numéro deux, lui donne des sueurs froides
Bernie Sanders et Keith Ellison durant la primaire«Le type de Bernie (Sanders), comme Bernie lui-même, n'avait aucune chance. Clinton exigeait Perez», a écrit le président américain, dans une allusion explicite à Keith Ellison.Et si le prochain président des Etats-Unis était un certain Keith Allison, depuis samedi dernier co-leader du parti démocrate avec le candidat malheureux à l'élection de novembre 2016, Tom Perez, ministre du travail de l'administration Obama' Perez, originaire de la République dominicaine, a pris sa revanche en remportant, à 55 ans, le poste clé de nouveau chef des démocrates, avec 235 voix sur les 435 votants. Son concurrent, Keith Ellison, avait, lui, obtenu 200 voix, ce qui fait de lui le numéro deux du parti. Comme au moment de la primaire, lorsque Hillary Clinton soutenue par Barack Obama guerroyait sans concession contre Bernie Sanders, représentant de l'aile «gauche» des démocrates, le scrutin a vu Tom Perez bénéficier de l'appui résolu du clan Obama tandis que Keith Ellison, noir américain né en 1963 à Détroit, et converti à l'islam à l'âge de 19 ans, recevait le soutien enthousiaste de Bernie Sanders.Obama a immédiatement salué l'élection de «son ami» Perez, convaincu qu'il fera le nécessaire pour rassembler tous les démocrates et «faire émerger une nouvelle génération de leaders».Pourtant, il sait bien que l'homme a bénéficié de l'aval de l'establishment démocrate, celui-là même que Bernie Sanders a violemment combattu durant la campagne de la primaire. En nommant son principal adversaire numéro deux du parti, il lui a certes tendu la main, mais l'unité est encore loin d'être acquise, tant les frictions avaient été dures entre Clinton et Sanders. Pour Tom Perez, l'enjeu est grave car, sans rassemblement, le défi majeur ne pourra être atteint avant la future présidentielle. Les gens nous demanderont alors, dit-il, «où étiez-vous en 2017 lorsque nous avions le pire président de l'histoire des Etats-Unis' Et nous serons capables de répondre que nous avons rassemblé le parti démocrate et que ce président n'a fait qu'un mandat», a ainsi prophétisé le nouveau président. Même si son rôle n'est pas celui qu'on connaît en Europe, car ce sont les chefs de groupes au Congrès qui tracent les grands axes de la stratégie, il va néanmoins avoir du pain sur la planche pour accomplir sa mission qui consiste à lever des fonds, animer la vie politique du mouvement et accroître le maillage du territoire en tentant de séduire de nouveaux électeurs. Surtout, lors de la primaire de l'élection présidentielle, il lui reviendra de garantir sa transparence et son impartialité.La campagne de 2016 a laissé des traces douloureuses et de sérieuses divisions dans le camp démocrate, ébranlé par le triomphe assourdissant de Donald Trump. Celui-ci n'a pas tardé, hier, à réagir comme à son habitude, estimant sur Twitter que «la course à la présidence du DNC (le parti démocrate) était, bien sûr, complètement ' truquée''.Le type de Bernie (Sanders), comme Bernie lui-même, n'avait aucune chance (il visait Ellison). Clinton exigeait Perez», a écrit le président américain. La réplique de Tom Perez a donné lieu à des échanges acerbes, Trump sarcastique se félicitant du succès de Perez pour lui-même et pour les Républicains alors que le nouveau chef de file du DNC lui promet que «les démocrates unis dans tout le pays seront votre pire cauchemar».De fait, la réaction de Donald Trump est lourde de sens, car il pressent que son adversaire pour la prochaine présidentielle pourrait fort bien être cet avocat membre de l'aile gauche, héritier désigné de Bernie Sanders et patron adjoint du Democratic National Committee (Comité national démocrate).Ce leader noir qui est député du Minnesota depuis 2007 et premier musulman à avoir accédé à la Chambre des représentants, incarne l'antithèse de la mouvance technocrate et de l'establishment qui ont accordé leur préférence à Hillary Clinton pour l'élection présidentielle.Keith Ellison est appuyé par des groupes politiques indépendants qui s'opposent violemment à la mainmise de cet establishment.Quelquefois comparé à Martin Luther King, il plaide constamment pour une «qualité de vie meilleure» en faveur des classes défavorisées et brandit la revendication de la «solidarité» au moment où «les débats sur les questions identitaires ont proliféré depuis l'élection présidentielle».En accédant à la chambre des députés, il avait prêté serment sur le Coran, tous ses prédécesseurs ayant fait la même chose, mais sur la Bible. Sa foi est souvent exploitée par ses adversaires qui l'accusent de faire partie de «Nation of Islam» de Louis Farrakhan, taxé d'antisémitisme, sans aucune preuve, sinon qu'il est favorable à la reconnaissance d'un Etat palestinien et qu'il contribue, par son métier d'avocat, à la défense de l'égalité entre les Noirs et les Blancs.Keith Ellison avait pressenti l'élection de Trump dès 2015, comme l'a souligné le président des Etats-Unis dans un des tweets intempestifs qu'il adore- et sa détermination à oeuvrer pour une procédure d'impeachment [destitution] contre lui explique l'intérêt, et surtout la crainte, que Trump masque derrière des boutades révélatrices.
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