
Il y a quelques années, pour être dans le vent à l'ENTV, l'«Apostrophe», fut mise dans «Parenthèse» pour suggérer la fameuse émission littéraire de France2 qui deviendra plus tard «Bouillon de culture». Copier un concept d'émission télévisée est très courant de part le monde, quand il est transposable et accepté par la société qui l'accueille. Mais n'est pas Bernard Pivot qui veut. En biologie, le bouillon de culture mélangé à la gélose sert à ensemencer des souches microbiennes dans des boîtes de Pétri. En littérature, la culture qui bouillonne est une fertilité cérébrale qui force l'imaginaire et insuffle le réel. Dans les sociétés qui lisent, le livre est promu sur tous les supports médiatiques, et non pas seulement dans des émissions littéraires. L'édition est une véritable industrie lucrative. Des milliers de titres sortent chaque année en Europe, en Amérique et au Japon... Des auteurs se font connaître. Des prix sont décernés. Des pays s'enorgueillissent. Des traductions sont réalisées. Des salons du livre sont organisés. Le cinéma s'en inspire. Le théâtre y trouve son substrat. La télévision vend sa publicité. Les émissions spécialisées, qui savent être captivantes, deviennent de grandes librairies. Le livre est vivant. Il prend du temps au temps qui s'écoule, il est le compagnon de chevet et se lit dans le métro, dans le train, aux salons, dans les bibliothèques… Au pays des muses mortes, l'art n'est plus inspiré et la littérature n'est que le bruit de fond des estaminets et de cafés maures chapiteaux des souks, la culture est servie en pot-au-feu dans des gargotes hideuses et malpropres. Quel mélange insipide, des choses. Le livre y est jauni par le temps qui s'est arrêté dans un autre calendrier. Les apprentis maîtres de l'école informelle éditent et vendent aux écoliers des traductions incohérentes et sans rigueurs scientifiques de livres plagiés sortis en France. Les librairies devenues commerce de panses et de fripes. Des « politiques », des enseignants, des étudiants universitaires qui n'ont jamais lu de livre est une réalité stupide qui sort de leurs bouches. Mais souvent la stupidité ignorée de certains est le pire ennemi au service de l'autodestruction d'une société. Ceux-là tuent les initiatives et rajoutent à la sécheresse intellectuelle le sirocco de la suffisance ; au lieu de pousser le désert, ils mettent le feu aux jeunes pousses qui apparaissent çà et là. Ils étouffent les autres, ces gemmules vertes qui répandent la vie. Ils veulent être le seul palmier au milieu de l'immense erg de sable fin, Ils veulent être la seule lumière dans le noir obscur, Ils veulent être le seul vrai repère dans un mirage lointain ; alors, restez seul dans le vide sidéral qui vous entoure et cessez de jaser. Personne ne vous écoutera. Vous n'êtes que des pseudo-cultivés qui croient à leurs mensonges. Comme dit l'adage, «Les plus dangereux menteurs sont ceux qui ne croient pas que la vérité puisse exister ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Farrah
Source : www.lequotidien-oran.com