L’Imam An-Nawawî
Ses ouvrages
Sayyidî l’Imam An-Nawawî ne se maria pas et n’eut par conséquent aucune descendance. Mais ses meilleurs héritiers sont certainement ses remarquables ouvrages.
Il composa un précieux commentaire de Sahîh Mouslim. Il commenta également une partie de Sahîh Al-Boukhârî ; il s’arrêta à Kitâb Al-‘Ilm (Le Livre du Savoir, et intitula son commentaire At-Talkhîs. Il commença aussi un commentaire de Sunan Abî Dâwûd. L’Imam As-Sakhâwî dit : «Il arriva à la partie traitant des ablutions et intitula son commentaire Al-Îjâz. J’ai entendu dire que l’ascète de son temps, Ash-Shihâb Ibn Raslân, a repris intégralement cet écrit de l’Imam An-Nawawî au début de son propre commentaire de Sunan Abî Dâwûd, et ce en guise de tabarruk [5]». Il écrivit également deux valeureux ouvrages répandus parmi les musulmans et les étudiants en sciences islamiques :Al-Adhkâr et Riyâd As-Sâlihîn.
On lui doit aussi Al-Arba‘în An-Nawawiyyah, qu’il acheva 668 A.H.
Il aborda l’éthique des mémorisateurs du Noble Coran dans son ouvrage At-Tibyân fî Âdâb Hamalat Al-Qur’ân. L’Imam Assakhâwî témoigna de l’importance de ce ouvrage en disant : «C’est un livre précieux dont on ne peut se passer, surtout les récitateurs et les enseignants de la récitation coranique».
Il composa aussi At-Tarkhîs fil-Ikrâm wal-Qiyâm. L’Imam As-Sakhâwî dit: «C’est un ouvrage pour les gens de vertus et leurs semblables».
Il écrivit dans de domaine de l’ascétisme et du soufisme: Bustân Al-‘Ârifîn (Le Jardin des Gnostiques).
On lui doit aussi, entre autres: Rawdat At-Tâlibîn, Al-Minhâj, Al-Manâsik fil-Fiqh, Al-Fatâwâ An-Nawawiyyah, Tabaqât Al-Fouqahâ’, Tahdhîb Al-Asmâ’ wal-Lughât, Tashîh At-Tanbîh, At-Tahqîq…
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Ses qualités et ses mérites
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L’Imam An-Nawawî chemina sur la voie de la piété et les sentiers du scrupule et de la dévotion qui caractérisaient l’époque des Compagnons du Messager de Dieu. Le gnostique Abou Abd Ar-Rahîm Al-Akhmîmî dit de lui : «Il cheminait sur la voie des Compagnons, que Dieu les agrée. Je ne connais nul autre de son époque qui cheminait sur leur voie».
Cheikh Ibn Al-‘Attâr et l’Imam Asshakhâwî citèrent les témoignages de divers savants et gnostiques affirmant que l’Imam An-Nawawî atteignit le rang de Pôle (Qutb) — sommité parmi les walîs (les alliés à Dieu) — de son temps. At-Taqiyy Mohamed Ibn Al-Hasan dit : «De nombreux prodiges (karamât) furent rapportés de lui. Entre autres : [...] l’ouverture de portes fermées par un cadenas et la refermeture de la porte, la scission d’un mur et la sortie d’un homme d’une belle apparence — ils échangèrent tous deux des propos sur la vie de l’ici-bas et celle de l’Au-delà -, sa réunion avec des walîs occultés, et son dévoilement de pensées secrètes des autres [...].»
Il fut connu pour son ascétisme, la simplicité de ses habits — il s’habillait en coton et portait un turban — et la modestie de son habitat. Il avait un seul repas par jour qu’il consommait le soir avant de s’adonner aux œuvres de dévotion et la composition d’ouvrages islamiques.
Cheikh Abou Al-Abbâs Ibn Faroûkh dit de lui : «Il a réuni trois degrés, chacun d’eux aurait suffi pour que les gens viennent de loin pour le voir et apprendre de lui : le degré du savoir, le degré de l’ascétisme et le dégré de l’appel au bien et de l’interdiction du blâmable». Outre sa dévotion et son ascétisme, l’Imam An-Nawawî était un homme patient, n’hésitant pas à appeler aux vertus et à réprimander les vices et le mal. Distingué par sa dignité et sa science, il agissait sans crainte aucune de la réaction des Sultans ou des hommes influents.
L’Imam Ibn As-Soubkî dit de lui : «Il fut un maître et un chaste. Il fut aussi un ascète. Peu lui importait que sa vie ici-bas devienne une ruine, tant que sa religion était florissante. Il était distingué par son ascétisme et son contentement de ce que Dieu lui accorde. Dévoué et patient dans les voies du bien, il ne perdait pas un instant dans des œuvres n’impliquant pas l’obéissance à Dieu». En 665 A.H., il commença à enseigner à Dâr Al-Hadîth Al-Ashrafiyyah, à Damas. Il refusa d’être rémunéré pour l’enseignement qu’il dispense et accomplit le pèlerinage deux fois dans sa vie. À la fin de sa vie, il séjourna dans son village, Nawâ. Certains pieux lui ordonnèrent de visiter Al-Quds (Jérusalem) et Al-Khalîl. Il le fit puis retourna à son village natal chez ses parents. Il fut atteint d’une maladie et son âme retourna à Dieu au cours du mois de Rajab, en l’an 676 A.H. Il fut enterré dans son village. Puisse Dieu l’agréer et puisse-t-Il déverser sur sa tombe les signes de Sa Miséricorde.
Suite et fin
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com