«La haute
politique n'est que le bon sens appliqué aux grandes choses». Napoléon
Si les hommes,
théoriquement, naissent libres et égaux, il n'en est pas de même pour les pays.
Certains sont dotés par la nature de forêts, de lacs, de ressources du
sous-sol, de génies dans tous les domaines qui avec le temps font obtenir des
Nobel et la possibilité d'organiser des voyages touristiques dans l'espace, au
fond des mers et des océans. Sur la durée, il y a le travail des systèmes
éducatif et de santé, de la recherche, de la création artistique sans tabou ni
censure étatique. En gros, il y a les pays du G8, du G20 et le reste du groupe
des éternels retardataires. Ces derniers cultivent le verbiage, les luttes
mortelles sur la longueur de la barbe, la couleur du nikab, le respect par la
violence des rites religieux, la limitation des libertés, l'inégalité organisée
entre les sexes, la répression féroce des minorités et l'observation à l'oeil
nu des cycles lunaires... Ils constituent aux yeux des grands le G.P.R. (Groupe
des presque rien). Ce groupe importe tout, des nourritures en tous genres, vend
des matières premières jusqu'à leur épuisement mesurable et organise pour ses
citoyens le plus grand nombre possible de congrès et de jours fériés. Ces sont
des «acquis» ou des signes reconnus de charlatanisme et de religiosité mis en
valeur dans les administrations, les institutions, les médias où des malins
font beaucoup d'argent dans des chaos planifiés, financés grassement à la
discrétion d'offices et d'officines qui apprennent et exécutent des partitions
sur papier (importé) millimétré. C'est leur économie de marché sur fonds
publics.
Les optimistes diront qu'il y a des pays qui
ont intégré le G20 après avoir frappé à la porte pendant des années. Ils ont
donc un pied chez les riches et un autre encore presque chez les pauvres.
Monter en première division leur a valu du travail, de la croissance et surtout
parce qu'ils sont des marchés juteux. Ils achètent des avions, des armements,
des voitures, reçoivent chez eux des industries délocalisées pour de la
main-d'oeuvre pas chère qui consomment des biens venus de l'ex-G8. C'est leur
pied chez les riches. L'autre pied, qui jongle avec un peu d'idéologie, un peu
de politique, un peu avec les restes d'un anti-impérialisme désuet, il le prête
au G.P.R. Cela ne coûte rien et amuse la galerie en majorité dépolitisée, peu
citoyenne, répartie sur les continents pauvres, ruinés par la guerre civile,
les conflits ethniques et religieux.
Ce «ghachi» trouve normal qu'en 2009, un roi
des rois ait une tente cinq étoiles toujours prête dans un avion pour être un
objet de curiosité infantile dans les pays du G20.
Les pays qui faisaient partie de l'ex-G8,
cependant toujours leader et organisateur des matches d'accession, sont
reconnaissables très rapidement au dynamisme de leur diplomatie et à tout ce
qui fait que les jeunes du G.P.R. vont jusqu'à la mort, par tous les moyens de
transport (y compris le train d'atterrissage d'un avion) pour arriver dans un
pays de ce groupe sans même maîtriser la langue et sans un sou en poche. Lorsque des citoyens (c'est le mot qui convient) de l'ex-G8 ont un
accident de la circulation, sont arrêtés ou perdent leurs papiers, en un pays
non G8, c'est l'alerte générale et le branle-bas de combat. Du premier
responsable, en passant par les médias, le parlement, les services secrets et
le PAPC d'un douar de 39 habitants, tous partent au front et «exigent». Soins
médicaux, ambassades, avion sanitaire, ONG, artistes et SDF font de l'absence
forcée d'un quidam un problème national, qu'il soit en service commandé ou un
touriste perdu dans une party qui a l'odeur de la dame blanche.
Les parents occupent la présidence, les TV et
tempêtent jusqu'à ce que «le dénouement soit heureux». C'est cela
l'appartenance au G8 qui fait tant rêver ceux du G.P.R., ceux d'en bas qui se
contentent de désespérer devant des écrans de télévision, en écoutant les
contes et légendes ramenés par ceux qui voyagent dans les pays du G8.
Les économistes connaissent bien les
indicateurs du développement selon les pays et en suivent les évolutions, les
courbes et les statistiques. La chose peut paraître classique, connue et
maîtrisée. Cela serait parfaitement vraie si les choses étaient statiques et
définitives dans les pays du G8 qui se contenteraient de dérouler les méandres
sans fin du statu quo qui est un principe fondateur chez le G.P.R., une constante
indépassable. Ne voilà-t-il pas que des experts, des gouvernants, des
chercheurs formés à la dure école de la recherche scientifique, des brevets et
des performances dans le management viennent d'introduire une donnée, vraiment
venue d'ailleurs, du tréfond des coupeurs de cheveux en six. «Les redresseurs»,
les comploteurs, les génies du verbe patriotique, les vizirs qui veulent être à
la place de l'autre ont de quoi perdre les repères figés de la famille, de la
tribu et même du clan. Des agités du bocal estiment que les statistiques
habituelles ne sont plus suffisantes et qu'il faudrait désormais y ajouter un
indice tout nouveau, tout beau pour quantifier et qualifier le développement.
Dorénavant, il va falloir mesurer le moral des citoyens. Il fallait le faire et
ils l'ont fait. Mais comment diantre apprécier cet indicateur dans des pays où
le taux de chômage est un secret d'Etat. Le moral des gens ! C'est assurément
vouloir l'apocalypse.
Beaucoup de téléspectateurs dans le G.P.R.
ont suivi le G20, écouté des gouvernants, des économistes, des opposants, des
salariés donner leur avis.
Dans des émissions préparées à l'avance,
planifiées au centimètre, les habitants du G8 ont écouté, suivi en direct tout
ce qu'a été le G20 car ils sont directement concernés, citoyens actifs,
contrairement à ceux du G.P.R., mineurs à vie qui ne savent rien de ce qui les
attend.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abdou B
Source : www.lequotidien-oran.com