Il a fallu une semaine seulement pour que les premières conséquences du séisme politique des élections régionales soient perceptibles dans l'opinion publique française.Avec une fois de plus une certaine surprise dans le comportement politique du corps social français. Alors que l'on croyait le curseur idéologique bien ancré vers la droite (40% des électeurs pour la droite classique et 27% pour l'extrême droite, 30% pour la gauche), l'heure est plutôt au consensus chez les Français, qui souhaitent revenir à une certaine stabilité qu'ils pensent trouver dans une politique centriste.Certaines personnalités l'ont bien compris, comme le nouveau président de la région Pas-de-Calais/ Nord-Picardie, Xavier Bertrand, qui sait ce qu'il doit aux voix de la gauche face à la menace d'une élection de la présidente du Front national, Marine Le Pen.On l'a vu à Calais avec le président Hollande, lors de l'inauguration d'un monument commémorant la fraternisation entre soldats français et allemands. L'image était subliminale : si Allemands et Français fraternisaient malgré la guerre (1914-18), comment les Français de gauche et de droite ne pourraient-il s'entendre ' Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, à son tour, lançait un projet d'«alliance populaire» qui irait des centristes de droite aux socialistes.Ce que confirmait Xavier Bertrand : «Il faut sortir du climat de guerre civile entre politiques», annonçant qu'il renoncerait à briguer l'investiture de son parti, Les Républicains, à la présidentielle qu'il prépare pourtant depuis au moins trois ans.Dans ce climat de «fraternisation» contre le FN, l'ennemi commun, François Hollande, en voulant recentrer lui aussi l'action politique, a gagné en indice de popularité. Ainsi, pour la première fois, il est devant l'ancien président de la droite républicaine, Nicolas Sarkozy, dans les sacro-saints sondages en vue de la prochaine présidentielle de 2017. Un petit point seulement, mais cela ne s'était jamais vu.HOLLANDE DEVANT SARKOZYSon prédécesseur, pour sa part, s'est englué dans le ni PS ni Front national, que les Français sont loin d'avoir plébiscité le 13 décembre puisqu'ils ont clairement empêché le parti d'extrême droite d'obtenir aucune région. Nicolas Sarkozy avait pourtant cru bien faire en chassant de la direction politique du parti Les Républicains la n°2, une militante qui pensait exactement le contraire. Cette obstination que l'on connaît chez Sarkozy aura peut-être été de trop. Ainsi, selon un sondage récent, 63% des personnes interrogées pensent que la mise à l'écart de Nathalie Kosciusko-Morizet de la vice-présidence du parti est «une mauvaise décision».Le même institut, Odoxa, a collecté le sentiment de 54% des sondés qui augurent que la formation politique issue de l'ex-UMP (au pouvoir de 2002 à 2012) va «probablement» imploser et laisser place à plusieurs écuries de présidentiables dans le camp de droite. «UNE REPUBLIQUE GENéREUSE, BIENVEILLANTE et JUSTE»Les Français jugent pertinent qu'il y ait une seule candidature à la présidentielle de tous les partis de gauche. Un autre sondage publié par Le Parisien révélait que près de 70% des Français iraient même plus loin en préconisant un rapprochement entre la gauche, la droite et le centre. «On assiste à un certain statu quo dans les forces politiques, entre une gauche qui a sauvé les meubles et une droite qui, certes, a remporté le plus grand nombre de régions, mais qui n'a pas su faire le plein comme elle pouvait l'espérer», a confié Jérôme Fourquet au site en ligne Atlanticode l'Institut Ifop. C'est là-dessus que le pouvoir en place surfe.Vendredi, le Premier ministre, Manuel Valls, devait enfoncer le clou : «Exalter une République, ferme, avec ses valeurs, l'autorité nécessaire, les règles qui doivent s'imposer, je pense à la laïcité, mais il faut aussi une République généreuse, bienveillante, juste, qui à travers ses politiques sociales, la culture, l'économie, montrant que la France est en train de se redresser.»Paradoxalement, Nicolas Sarkozy a convoqué un conseil national les 13 et 14 février. Pour mettre en débat interne sa ligne droitière contestée, mais rien ne dit qu'il sera entendu par son staff, même s'il a placé en n°2 un jeune loup de cette tendance, Laurent Wauqiez, nouveau président de Rhône-Alpes-Auvergne. Comme l'écrit L'Express, l'exercice «s'annonce compliqué».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid Mebarek
Source : www.elwatan.com