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Ces festivals qui font de la figuration



Ces festivals qui font de la figuration
Quand on assiste à une pléthore, pour ne pas dire une débauche de festivals dédiés au 7e art en Algérie ? à l'image de celui du film arabe d'Oran, de ceux du cinéma méditerranéen, maghrébin, engagé, amazigh, féminin, d'Alger, de Béjaïa ou encore la réplique filmique d'Oran rebaptisée Journées du film arabe de Constantine ?, le cinéphile pavoise.On déduit immanquablement qu'une production exponentielle de films algériens s'affiche dans toutes les salles du pays. Que nenni ! C'est le grand bluff. Une équation biaisée, incompréhensible et surtout complexe. Ce nombre et cette concentration de festivals se déroulant dans un mouchoir ? quatre festivals en un seul mois, à la fin de l'année, un record ? devraient normalement aller de pair avec le nombre, censé être croissant, des films produits en Algérie. Déception ! Chaque année, les films algériens ne se comptent que sur les doigts d'une main. Une sidérante vacuité.Et les salles de cinéma sont toujours fermées. Celles opérationnelles ? dont le nombre n'est pas à deux chiffres ? diffusent des films en DVD et, de surcroît, piratés. A l'exception de la salle Ibn Khaldoun, à Alger, passant actuellement le dernier James Bond, Spectre, en DCP (digital cinéma package) à 500 DA l'accès. Cette profusion de festivals, sans esprit chagrin ni démagogie ou autre hostilité gratuite, est non seulement un leurre mais aussi un mépris à l'endroit des citoyens, amateurs de bonnes toiles, des contribuables. Car c'est de l'argent public. Combien coûtent ces festivals avec leurs lots d'invités totalement pris en charge ' Un budget colossal. Au moment où on parle d'austérité et de rigueur.Dans les années 1970, l'Algérie avait une politique de cinéma. Des films de qualité relatant l'histoire, des faits de société, la question de la terre? ont été produits avec des succès populaires et internationaux incontestables. On est loin de tout cela maintenant. On préfère dilapider les deniers publics, depuis quinze ans, sans le moindre impact sur la relance du cinéma en Algérie. Donc l'on est comptable. Un manque à gagner, une frustration et une injustice pour tous ces jeunes comédiens, réalisateurs et techniciens ostracisés par les décideurs culturels. Victimes de choix ? mauvais et sélectifs.Et puis, cette gabegie. Des films algériens se sont vus allouer jusqu'à 12 millions d'euros. Et ce n'est pas une superproduction de tycoon. De quoi faire quatre bons longs métrages européens. Ou vingt films nationaux parlant de la réalité de la société, de ses spasmes, ses mutations, ses espoirs, de la corruption, du népotisme, de la condition féminine?Et sa jeunesse créative, une majorité, jugée comme une minorité par la gérontologie se fossilisant et jurant avec un jeunisme au pléonasme prometteur. Celui de l'Algérie qui gagne. Et l'exemple patent est celui du jeune réalisateur ? à surveiller de près ? Hassen Ferhani, auteur d'un chef-d'?uvre. Le documentaire dont tout le monde parle, intitulé Fi Rassi rond-point, est salué et plébiscité de par le monde. Neuf distinctions ! Un effet b?uf ! Une belle leçon de générosité, de poésie et surtout d'espoir. A méditer.


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