Aucune femme candidate aux législatives du 17 mai prochain, issue de deuxpartis politiques en l'occurrence le FLN et le MSP, ne figure en tête de liste,et rares sont celles qui ont eu une position éligible, c'est-à-dire, classéedeuxième ou troisième sur la liste.C'est ce qui a été affirmé, hier, par deux représentantes des deuxpartis, lors d'une conférence débat sur la participation des femmes enpolitique, organisée par le Centre d'information et de documentation sur lesdroits de l'enfant et de la femme (CIDDEF).Est-ce que les candidates femmes n'ont pas rempli les conditions requisespour qu'elles soient désignées en tête de liste? La réponse est «non», dira lareprésente du FLN, Djafel Saliha en affirmant qu'il s'agit tout simplement d'unchoix ou d'une décision de l'appareil exécutif du parti. Pourquoi les femmes acceptent-ellesde telles décisions? La représentante du MSP, Belhadjar Aïcha, a affirmé quemalgré le mécontentement de certaines militantes, qui ont refusé leurcandidature en deuxième et troisième position sur les listes des candidats auxlégislatives, la section féminine du parti a tenté de les convaincre pour yrester, afin d'assurer le maximum de sièges au parlement pour les femmes. «Nousdéfendons beaucoup plus le projet du parti et le projet de société que despersonnes et des voix», affirme-t-elle, en regrettant au même titre que lamilitante du FLN, le fait que le champ politique reste encore peu investi parles femmes. «Pourtant 60% de nos universitaires sont des femmes»,affirme-t-elle. Tout en reconnaissant que l'émergence des femmes dans la politique estinsuffisante, Djafel Saliha a rappelé que son parti a donné à la femme, que cesoit dans le passé et beaucoup plus aujourd'hui, la possibilité d'accéder auparti et à la scène politique, en fonction de ses compétences. Elle a rappeléque l'ancienne assemblée comptait tout de même 24 femmes dont 19 sont issues deson parti «mais ça reste encore très insuffisant», regrette-t-elle. Bien que les conférencières ont émis des réserves quant à la volontépolitique pour impliquer la femme en politique et dans les postes de décisions,elles ont tout de même, reconnu que les femmes et l'ensemble de la société ontune grande responsabilité dans les obstacles qui entravent l'épanouissement desfemmes en politique. «Il y a des militantes dans le parti qui refusent despostes de décisions dans les partis en raison des obligations familiales», afait remarquer la représentante du MSP. Djafel Saliha enchaîne pour dire quedes militantes n'arrivaient pas à participer dans des réunions de Mouhafadha oude Kasma qui se font le plus souvent en début de soirée. Sortant du discours militant, les conférencières ont évoqué d'autresquestions, notamment l'obligation pour l'époux d'aider sa femme pour qu'ellepuisse pratiquer la politique dans les meilleures conditions. Elles ontégalement parlé des mentalités qui ne favorisent pas l'émergence des femmesdans le monde de la politique. Une chose est sûre, il n'y a rien qui interdit àla femme de faire de la politique. «Les institutions ont pour finalitéd'assurer l'égalité en droits et devoirs de tous les citoyens et citoyennes ensupprimant les obstacles qui entravent l'épanouissement de la personne humaineet empêchent la participation effective de tous à la vie politique, économique,sociale et culturelle». Le problème n'est pas vraiment une question de loi maisc'est un manque de soutien à la femme. «Il faut trouver des mécanismes d'aide àla promotion de la femme en politique, il faut également un plan de soutien auxfemmes militantes dans les partis et à toutes les femmes pour qu'elles puissentparticiper activement dans la politique», ont suggéré les intervenantes. «Unefemme qui cherche comment trouver un sachet de lait pour nourrir son enfant etune femme qui cherche une crèche pour ses enfants ne pourront jamais penser àinvestir le monde politique», estime la représentante du FLN. Enfin, les participantes ont plaidé pour la participation de la femmedans les institutions de base, notamment dans les APC et les APW. «Une écolequi leur permettra une formation, un contact direct avec la société, unepopularité pour qu'elle puisse atteindre des postes de décisions au fil dutemps», a conclu Belhadjal Aïcha.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : MAziza
Source : www.lequotidien-oran.com