La question de la mise à niveau des entreprises est certes une questionprimordiale, mais elle n'est pas liée uniquement à la question des moyensfinanciers ou à celle des moyens de production, a estimé hier l'ancien ministredes Finances Abdellatif Benachenhou, à l'occasion de l'ouverture du colloque internationalsur «la gestion des ressources humaines au Maghreb».Benachenhou a indiqué à ce propos qu'»une entreprise bien gérée où lestravailleurs sont correctement payés est une entreprise qui réussit mieux».Selon lui, c'est un problème de bonne gouvernance. Un jour, a-t-il dit, «unresponsable politique d'un pays que je ne vais pas nommer, a affirmé fièrement:le budget d'équipement est plus important que le budget de fonctionnement. Cen'est pas nécessairement une victoire. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire quenous allons dépenser beaucoup d'argent en équipements, en routes, en ceci encela. Le problème n'est pas uniquement de dépenser l'argent. Il faut savoirgérer et valoriser cet argent».Dans les entreprises, c'est le même problème, a poursuivi leconférencier. «Il ne faut pas faire la différence entre l'Etat et lesentreprises. Partout c'est le même problème. La valorisation des ressourceshumaines est mise au second plan par rapport à l'effort d'investissement»,a-t-il affirmé. Récemment, a-t-il ajouté, «le PDG de Sonatrach, MohamedMeziane, a fait une déclaration que j'ai trouvée juste». «Il a dit, nous allonsconsacrer entre 40 et 50 millions de dollars à la formation des ressources.J'allais dire: c'est formidable, mais on a cinq ans de retard».Que ce soit dans l'Etat ou dans les entreprises, privées ou publiques, ilfaut qu'on cesse de réfléchir en terme d'investissement en équipements, aindiqué Benachenhou. «Je ne veux pas dire qu'il ne faut pas en faire, je veuxdire qu'il faut penser sérieusement à accompagner ces investissements enéquipements par un effort de développement et de gestion des ressourceshumaines», a-t-il ajouté. Cela ne sert à rien qu'une entreprise possède 50milliards dinars de chiffre d'affaires si l'organisation et la gestion desressources humaines dans cette entreprise n'est pas bonne, a-t-il encoresouligné. Evoquant la fuite des cerveaux vers les pays développés, un problèmequi touche les trois pays du Maghreb, l'ancien ministre des Finances a qualifiéd'irréaliste tout éventuel retour de ces cerveaux, particulièrement dans cecontexte précis. «C'est un rêve de faire revenir les compétences extérieures.Ils ne reviendront que dans des entreprises et institutions bien organisées oùils seront bien payés,» a affirmé Benachenhou. «La gestion des ressources humaines au Maghreb à l'heure de lamondialisation» est le thème du colloque international qu'abrite jusqu'àaprès-demain l'auditorium Talahit Bakhlouf, au campus Taleb Mourad (ex-IGMO) àOran. Ce colloque, qui a débuté hier, est organisé par le laboratoire derecherche sur l'économie européenne méditerranéenne (LAREEM), en collaborationavec la faculté des sciences économiques, commerciales et de gestion del'université d'Oran Es-Sénia. Une cinquantaine d'intervenants, nationaux etétrangers, dont des Français, des Marocains, des Tunisiens et des Egyptiens,participent à ce rendez-vous.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : HBarti
Source : www.lequotidien-oran.com