Le chemin pour sortir de l'engrenage du «former pour former» au niveau de l'université semble semé d'embûches. C'est surtout le cas pour les sciences sociales. Une commission a été chargée d'actualiser les contenus mais avant même qu'elle ne termine son travail, le Syndicat national des psychologues dit craindre que les propositions ne soient nullement conformes aux attentes. Le Snapsy a d'ailleurs saisi, une fois de plus, le ministère de la Santé, afin que les propositions déjà formulées soient enfin transmises à ladite commission.Nawal Imès- Alger (Le Soir)- Chaque année, des milliers de nouveaux diplômés se heurtent à la réalité du marché du travail. Ceux issus des sciences sociales sont les plus impactés en raison de la totale inadéquation des formations avec les attentes du marché. Une problématique qui ne date pas d'aujourd'hui mais qui est, une fois de plus, posée à l'occasion de l'ouverture du dossier de la réactualisation des offres de formation pour les filières des sciences humaines. La nouvelle aurait dû enchanter les concernés et les différents acteurs du secteur mais le Syndicat national des psychologues affirme que les «échos émanant de la commission nationale des sciences humaines nous font craindre le pire». A l'origine des craintes exprimées par Khaled Keddad, le processus devant mener à la révision des offres de formation qui se fait, dit-il, sans aucune coordination entre les deux ministères concernés, à savoir celui de la Santé et de l'Enseignement supérieur. Il affirme, en effet, que le directeur de la formation universitaire du ministère de la Santé a «demandé à la commission nationale des sciences sociales et humaines de faire une mise à jour des programmes, niveau licence» et qu'en prenant attache avec les membres de ladite commission, le syndicat a été surpris d'apprendre que le dossier déjà ficelé avec des propositions concrètes n'était toujours pas entre leurs mains. Déplorant cette absence de coordination, le président du Snapsy a, encore une fois, saisi, hier, le ministre de la Santé pour lui rappeler que le dossier était en attente depuis 2018 déjà. En effet, c'est à cette date, rappelle Khaled Keddad, que le ministre de la Santé de l'époque avait alors demandé au syndicat de préparer un dossier qui devait être envoyé au ministère de l'Enseignement supérieur. Le syndicat avait alors mis en place une commission nationale et invité tout le monde à y prendre part. Tout le monde, affirme le président du Snapsy avait donné son avis sauf l'enseignement supérieur qui n'était pas présent. Il explique qu'«on a tout de même remis le dossier au ministère de la Santé qui l'a transmis à la Direction de la formation. Il a été transmis en octobre 2018 au ministère de l'Enseignement supérieur. Depuis, nous avons attendu jusqu'en octobre 2019 où on a dû déposer un préavis de grève pour que le ministre de l'époque saisisse le ministère de l'Enseignement supérieur qui a répondu que le dossier avait été confié à la commission nationale pédagogique des science sociales pour avis : depuis plus rien !» Pour le président du Snapsy, il est impératif aujourd'hui de mettre la formation en adéquation avec les standards internationaux et qu'elle suive surtout l'évolution des besoins du secteur employeur. Aujourd'hui, déplore-t-il, «l'université est déconnectée des secteurs employeurs : chaque année, elle forme des milliers de diplômés qui n'ont aucun lien avec la réalité. Pourquoi ' Il n'y a pas de coordination entre l'université et le secteur employeur. Cela fait longtemps que nous militions pour cela».
Et d'ajouter qu'actuellement, «le psychologue fait deux ans de tronc commun avec des modules n'ayant rien à voir avec sa spécialité avant de faire sa spécialité. Les étudiants que nous recevons en période de stage ne savent même pas rédiger un rapport». Une situation, dit-il, qui ne peut se faire sans la réhabilitation de la formation.
N. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com