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Les citoyens éprouvés par une folle mercuriale



Les prix des produits de grande consommation ne cessent d'augmenter dans la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. Sur les marchés, tout est cher, notamment les denrées alimentaires (semoule, pain, pâtes, farine, café, lait, huile, ?ufs, sucre, sel, viande, légumes secs...) et même les fruits de saison et les légumes locaux (oranges, tomates, pommes de terre...).Le phénomène est, certes, récurrent dans la région, mais ces derniers temps, il a atteint un nouveau pic, dans un contexte de chômage et d'absence de revenus, provoquant la colère du citoyen lambda et des organisations de défense des consommateurs.
À travers toute la wilaya, les populations crient à la cherté de la vie. Tout est hors de prix. Cette situation précaire touche particulièrement les ménages, notamment les petites bourses.
Les prix des denrées alimentaires grimpent inlassablement. "Avant, les augmentations avaient lieu durant le Ramadhan et autres fêtes. Maintenant, elles n'ont pas de date précise et sont là chaque jour, touchant tous les produits", dénonce un fonctionnaire de l'APC de Bordj Bou-Arréridj.
"L'huile de table a considérablement augmenté à 750 DA les 5 litres. Le pain de 7,50 DA est passé à 10 et maintenant 15 DA", a-t-il ajouté. "Même les produits locaux sont entre les mains de spéculateurs qui font leur loi et décident de tout. La pomme de terre en est un exemple. Malgré l'intervention de l'Etat, son prix reste à la merci de quelques individus", explique Hamid Zaïdi, président de l'association de consommateurs de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. "Le pain est produit à l'aide de la farine subventionnée par l'Etat, mais son prix dépasse de loin les prix fixés", rappelle-t-il encore.
Le citoyen n'arrive toujours pas à cerner les raisons de ces augmentations qui l'enfoncent un peu plus chaque jour dans la précarité. Selon les commerçants, le phénomène peut s'expliquer par le fait que presque tous les produits que les Bordjiens consomment sont importés.
"Nous ne devons pas nous plaindre parce que nous avons laissé nos dirigeants détruire nos terres agricoles et notre outil industriel au profit de l'importation qui leur profite. Alors qu'on nous a tout donné pour satisfaire la demande sociale en matière de consommation et d'éviter à notre pays d'être un dépotoir de produits avariés. La flambée des prix des produits de première nécessité est aujourd'hui une des conséquences de la liquidation de nos usines de transformation par nos dirigeants. Elles ont presque toutes mis la clé sous le paillasson sans la moindre résistance. Nos terres agricoles ont été bradées à des pseudo-agriculteurs", dénoncent plusieurs citoyens.
"Nos responsables ont tout détruit pour lier notre sort à l'importation de produits dont la qualité laisse à désirer. Mais le point faible est que ces dirigeants qui sont à l'origine de ce brigandage ont emboîté le pas aux vrais opérateurs économiques en devenant importateurs de produits 'périmés' ou sur le point de l'être. Ou alors, ce sont des propriétaires de vastes terres agricoles. Et ce sont eux qui décident du prix des denrées, des produits sur nos marchés", ajoutent des citoyens interrogés sur cette flambée des prix.
En réaction à cette situation, des citoyens lancent des appels à constituer un front pour lutter contre ce phénomène et exprimer leur ras-le-bol face à la cherté de la vie en interpellant les responsables à réagir face à cette situation qui menace la vie dans les ménages.

Chabane BOUARISSA
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